La réforme de l’éducation chez Muḥammad ʿAbduh

Simon Conrad

Étudiant en Master à l’Université libre de Berlin

icon-calendar 23 février 2016

20160223_Seminaire_Simon_ConradSimon Conrad nous a présenté son travail de recherche sur la pensée de Muḥammad ʿAbduh, une des figure clé du modernisme islamisme à la fin du XIXᵉ siècle.

La vision traditionnelle des études sur Muḥammad ʿAbduh ne manque pas de souligner la tension qui existerait entre Islam et modernité, analysant la pensée de Muḥammad ʿAbduh comme une sorte de compromis ou de réconciliation entre les deux.

Loin d’être un phénomène confiné à la culture européenne, le modernisme est un mouvement qui traverse toutes les cultures, et leur pose les mêmes questions : la place de l’individu, l’articulation entre l’individu et la société, l’État-nation, le rôle de la religion.

Les mêmes questions sont donc posées en Égypte à la fin du XIXᵉ siècle mais Muḥammad ʿAbduh propose de puiser des réponses à ces questions dans le patrimoine classique musulman plutôt que d’importer des idées étrangères ou non-musulmanes, qui risquent de ruiner l’édifice social et étatique patiemment élaboré.

Il reprend ainsi à son compte des éléments de philosophie sociale et politique des auteurs classiques : al-Fārābī (m. 339/950), Miskawayh (m. 421/1030), al-Ġazālī (m. 505/1111), Ibn Ḫaldūn (m. 808/1406)… et en particulier l’idée d’un lien organique entre les membres de la société qui forment un corps dont l’État serait la tête. Les valeurs musulmanes sont alors mises au service de la construction de ce corps, dont elles doivent irriguer le cœur.

Muḥammad ʿAbduh est un penseur moderne à part entière, comme tant d’autres dans de nombreuses cultures non-européennes à la même époque. Il propose une réforme qui doit commencer dans les cœurs, grâce à l’islam, afin de revivifier le corps entier de la nation.

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