À la recherche des Takārīr dans l’Égypte médiévale : essai de recoupement d’indices fragmentaires

Hadrien Collet

Institut français d’archéologie orientale

icon-calendar Mercredi 22 janvier 2020

Historiquement, le royaume de Takrūr est l’une des premières régions d’Afrique de l’Ouest à adopter l’Islam, au milieu du 5ᵉ/11ᵉ siècle. Il n’est pas inconnu des auteurs arabes : al-Masʿūdī (m. 345/956) le mentionne dans un ouvrage qui lui est attribué, Aḫbār al-zamān. Après la chute de Bagdad en 656/1258, le Caire devient le nouveau centre de la civilisation musulmane et l’on voit apparaître les premières mentions des Takārīr (sg. Takrūrī), des musulmans d’Afrique de l’Ouest au sens large. Ils sont de passage en route vers la Mecque, ou bien ils viennent étudier auprès d’un maître, ou encore s’installer au Caire.

Le premier pèlerinage documenté d’un roi de Takrūr à la Mecque est celui du mansā Mūsā en 724/1324. L’arrivée au Caire de sa caravane de 15 000 hommes, racontée par al-Maqrīzī (m. 845/1442) dans son Sulūk li-maʿrifat duwal al-mulūk, fit forte impression sur la population. Il apporta avec lui douze tonnes d’or qui firent durablement chuter le prix du marché.

Enfin, du 13ᵉ au 15ᵉ siècle on dénombre environ une vingtaine de saints soufis originaires du Takrūr, enterrés et vénérés dans le cimetière de la Qarāfa au Caire.

Les commentaires sont désactivés.