Séminaires

Mis en avant

Nous organisons actuellement plusieurs séminaires et colloques :

  1. Un séminaire public, consacré à la culture arabo-musulmane. Environ deux séances mensuelles, soit en arabe, soit en français, soit en anglais. Gratuit et ouvert à tous. Inscrivez-vous ici pour recevoir les invitations. Voir ici les comptes rendus des séances.
  2. Le séminaire « Massignon », séminaire de recherche réservé aux membres de l’Idéo.
  3. Des colloques internationaux, au Caire ou ailleurs, dont les actes sont publiés dans le MIDÉO. Voir ici les comptes rendus de ces colloques.
  4. En 2018‒2019, un séminaire en arabe d’introduction à la philosophie arabe, six séances animées par Aziz Hilal. Cliquez ici pour plus de renseignements.
  5. Depuis 2018, l’Idéo est aussi co-organisateur du cycle mensuel de conférences « Midan Mounira », aux côtés de l’Institut français d’Égypte, du CEDEJ, de l’Ifao et de l’IRD. Voir ici les comptes rendus des séances proposées par l’Idéo.

Al-Ǧurǧānī et les débuts de la pragmatique

Dr. Zeinab Taha

Professeur adjoint de langue arabe à l’université américaine du Caire

icon-calendar 5 mars 2019

Il y a souvent une différence entre le sens des mots selon le dictionnaire et l’intention du locuteur qui utilise ces mots, selon ses connaissances, sa culture, sa religion éventuellement, le contexte où il vit. La pragmatique est un domaine de la linguistique qui étudie cette différence. C’est la pragmatique qui peut par exemple rendre compte du fait que l’on peut parfaitement comprendre tous les sens des mots d’une blague et ne pas comprendre ce qui est en jeu. Il en va de même pour certaines expressions idiomatiques. Par exemple, on peut parfaitement comprendre ce qu’est une pastèque, ce que veut dire le verbe « mettre » et ce qu’est le ventre et ne pas comprendre l’expression « il a mis une pastèque d’été dans son ventre » (ḥāṭiṭ fī baṭnihi baṭṭīḫa ṣayfī), qui en Égypte se traduit par « il est tranquille » ou « il n’en a rien à faire ».

Le premier grammairien arabe à s’être posé la question explicitement de la différence entre le sens obvie et le sens réellement voulu par le locuteur est ʿAbd al-Qāhir al-Ǧurǧānī (m. 470/1078). À la différence des grammairiens avant lui qui organisent leurs traités de grammaire selon les formes grammaticales, al-Ǧurǧānī prend comme point de départ de sa réflexion les sens voulus par le locuteur et étudie les différentes façons de les rendre dans une langue grammaticalement correcte.

Voyage en Haute-Égypte : prêtres, coptes et catholiques

Catherine Mayeur-JaouenVoyage en Haute-Égypte : prêtres, coptes et catholiques, Paris : CNRS Éditions, 2019.

C’est en Haute-Égypte, la région la plus pauvre du pays, que nous emmène cet ouvrage, à la rencontre des coptes-catholiques, minorité de la minorité, au milieu d’une mer copte-orthodoxe et d’un océan musulman.
C’est en suivant des prêtres égyptiens, de leur formation au séminaire, puis à Rome, jusqu’au retour dans leurs paroisses rurales, avant et après la révolution de 2011, que le lecteur découvre l’histoire de cette petite Église. Le livre retrace aussi l’histoire des contacts séculaires des coptes-catholiques avec des franciscains italiens et jésuites français. Le lecteur découvre enfin les communautés villageoises de cette région, pauvres et actives. Curés de campagne, les prêtres coptes-catholiques arbitrent les conflits, arrangent les mariages et luttent contre le sous-développement chronique de la Haute-Égypte délaissée par un État à la fois omniprésent et déficient.
Ils défendent la cause des femmes dans une société patriarcale, représentent leurs paroissiens au milieu de tensions confessionnelles croissantes et face aux autorités administratives et politiques.
Ce livre, comme le souligne Robert Solé dans sa préface, réussit à nous faire partager, de manière saisissante, la vie quotidienne des habitants de la vallée du Nil.

Acheter ce livre sur le site CNRS Editions…

Les Épîtres des Frères en Pureté, mathématique et philosophie

Guillaume de Vaulx, Les Épîtres des Frères en Pureté, mathématique et philosophie, Paris : Les Belles Lettres, 2019, 318 pages.

Les Épîtres des Frères en Pureté, ouvrage encyclopédique anonyme composé de 52 épîtres et à la datation inconnue, ont traversé l’histoire avec le titre prestigieux de « Coran des imams », clef philosophique donc du livre de Dieu. Ce qui se présente pourtant comme une somme des savoirs profanes (de la science du nombre à la magie), ne pouvait en sortir que plus mystérieuse, obscure, voire impénétrable, attribuée tout autant à la falsafa, aux muʿtazilites, aux soufis, à l’ismaélisme, au šīʿisme.
La présente traduction de six épîtres (sur l’arithmétique, la géométrie, l’harmonie, la sagesse de la mort, les principes métaphysiques et le gouvernement) entend lire enfin l’ouvrage à la lumière de la raison et prendre au sérieux ses débuts mathématiques : la suite arithmétique établit certes l’ordre des nombres, mais raconte aussi la Création, réconcilie sciences et religions au-delà de leurs contradictions, dessine la stratégie de conquête du pouvoir et fonde le système politique juste.
Une telle lecture conduit à la résolution du problème de la paternité de l’ouvrage : qui sont les Frères en Pureté, se demande-t-on depuis la fin du Xᵉ siècle ? Personne, ou bien tous ceux qui se défont de leur individualité et deviennent « une seule âme entre plusieurs corps ».
Mais qui est alors l’auteur de ce concept de fraternité ? Aḥmad b. al-Ṭayyib al-Saraḫsī (?-899), élève du grand philosophe et mathématicien al-Kindī. L’importante présentation qui précède la traduction entend le démontrer.

Acheter ce livre sur le site Les Belles Lettres…

Perspectives musulmanes sur le dialogue interreligieux

Djamel Djazouli, Denis Gril et Omero Marongiu-Perria

Une table ronde animée par le frère Adrien Candiard (Idéo)

À l’Institut français d’Égypte

icon-calendar 30 novembre 2018

S’il est vrai que le dialogue interreligieux a longtemps été à l’initiative des chrétiens, des voix musulmanes de plus en plus nombreuses se font aujourd’hui entendre, qui appellent à retrouver les fondements proprement coraniques et prophétiques de la rencontre avec les non-musulmans. Le frère Adrien Candiard, doctorant en études islamiques, a animé une table-ronde entre trois intellectuels musulmans francophones : Djamel Djazouli, spécialiste du Coran et directeur de l’Institut an-Nour à Cergy-Pontoise, Denis Gril, spécialiste du soufisme et professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille, et Omero Marongiu-Perria, sociologue des religions et chercheur à l’Institut du pluralisme religieux et de l’athéisme (IPRA).

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Si le message coranique est centré sur l’unicité de Dieu, c’est pour mieux mettre en avant la diversité que Dieu a voulue pour l’humanité, une diversité humaine de communautés et de rites qui seule peut exprimer la richesse de l’unicité divine. Au-delà des dialogues que nous pouvons avoir entre nous, et de manière plus fondamentale, Dieu est en dialogue avec l’univers.

Cette infinie profondeur divine ne peut se dire en mots simples et univoques, c’est pourquoi les versets du Coran prennent souvent la forme de paradoxes, tenant en même temps des expressions apparemment contradictoires : le Coran est la vérité ultime et Dieu seul sait qui est bien guidé ; ou encore la religion unique est l’islam et le Prophète Muḥammad intercédera pour toutes les communautés lors du jugement.

Nous sommes donc appelés à revoir nos conceptions de ce qu’est la vérité, non pas comme un contenu univoque qu’on pourrait asséner aux autres mais une réalité que chacun doit recevoir, face à laquelle chacun doit se positionner et faire des choix qui seront nécessairement différents pour chacun. L’islam appelle donc chacun à avancer sans crainte sur ce chemin qui conduit à Dieu, et à poser des choix en dialogue les uns avec les autres.