Appel à communications : Le Coran du Caire 1924

Le Coran du Caire 1924

Textes, histoires & enjeux

Colloque de l’Idéo

Le Caire, 16‒17 octobre 2021

Dates limites 

Présentation

Le colloque propose une réflexion historique sur l’édition du Coran du Caire établie sous l’autorité du comité d’al-Azhar en 1924 et connue aussi sous l’appellation « édition du roi Fuʾād ». Cette édition, qui fêtera ses cent ans dans trois ans, a été précédée par plusieurs autres, en Égypte et ailleurs. Elle est d’une importance capitale dans la société musulmane moderne et contemporaine et dans les études coraniques depuis la deuxième moitié du XXᵉ siècle et notamment les études sur les manuscrits. L’édition du Caire met à disposition des musulmans ainsi que des chercheurs sur l’islam une version du texte coranique qui deviendra progressivement la référence religieuse, liturgique, académique la plus populaire dans le monde islamique. Malgré la prolifération des éditions académiques d’anciens manuscrits du Coran durant les vingt dernières années, la popularité du Coran du Caire n’a jamais été remise en cause. Au contraire, de nombreuses études sur le Coran utilisent le Coran du Caire comme référence académique et comme point de comparaison permettant de souligner les particularités des anciens manuscrits.

Plus qu’un événement religieux s’adressant aux musulmans, le Coran du Caire est ancré dans le contexte politique et civilisationnel particulier du début du XXᵉ siècle. Ainsi, l’avènement du Coran du Caire a une portée qui dépasse la sphère de la croyance et qui prend sa place dans l’histoire de la civilisation islamique : histoire des institutions, histoire matérielle, histoire de la pensée religieuse et des études islamiques.

Thématiques du colloque

Ce colloque, qui se veut une préparation d’un deuxième colloque dans trois ans à l’occasion du centenaire du Coran du Caire, accueillera des communications en trois langues (arabe, français, anglais) qui proposent une réflexion sur les thématiques suivantes :

1) L’imprimerie dans le monde musulman au tournant du XXᵉ siècle

Cet axe du colloque se penche sur les avancées technologiques qui ont précédé et accompagné l’émergence de l’édition du Caire. Cet axe aborde également les éditions du Coran qui ont précédé l’édition du Caire de 1924 et les raisons pour lesquelles ces mêmes éditions ont été « retirées » ou sont moins connues que l’édition du Caire. Les éditions produites dans d’autres pays comme l’Inde, l’Iran, la Turquie, la Russie, l’Allemagne seront étudiées ainsi que les contextes politico-religieux et les enjeux de leurs apparitions.

2) L’histoire des institutions

L’histoire des institutions et notamment l’histoire d’al-Azhar et du Ministère de l’enseignement ; le processus d’édition du Coran et les modalités de ce travail. Cet axe consiste dans un travail d’archives qui retrace la méthodologie du comité d’al-Azhar chargé de mettre en place l’édition du Caire de 1924. Cet axe se penche également sur le volet éducatif de l’édition du Caire et le lien entre imprimerie et institutions d’enseignement à l’époque post-ottomane.

3) L’histoire des études coraniques

L’histoire des études coraniques et notamment la recherche sur les manuscrits coraniques et la place de l’édition du Caire. Cet axe se penche également sur la question de la canonisation du Coran ainsi que ses traductions et la place de l’édition du Caire au sein de ces questions.

4) La production des muṣḥaf-s

L’impact de l’édition du Caire sur la production des muṣḥaf-s dans le monde musulman. La matérialité du livre sera adressée dans cet axe et notamment la calligraphie, la typographie et le style de l’écriture.

5) Les pratiques dévotionnelles

L’impact de l’édition du Caire sur les pratiques dévotionnelles, la liturgie, la récitation et notamment les variantes coraniques.

Méthodologie

Les propositions de communications sont à envoyer sous forme de résumé d’une page, avant le 15 mai 2021, par email à (sujet du mail : « Proposition Colloque Coran du Caire »).

Tout en étant ouvert au public, ce colloque est conçu comme un lieu de travail et de débat scientifique. En conséquence, il sera demandé aux personnes sélectionnées d’envoyer 3 à 4 pages résumant leur propos à destination des autres membres de l’atelier (pour le 15 septembre 2021), de suivre l’intégralité du colloque et de participer comme « discutant » dans un autre atelier que celui de leur communication (et donc de lire à l’avance les documents qui leur seront envoyés à cette fin).

Coordination 

Asma Hilali (Université de Lille).

Comité scientifique

Organisation logistique et financière

Grâce à un financement de la Délégation européenne au Caire, dans le cadre du projet Adawāt (2018‒2022), l’Idéo pourra prendre en charge le billet d’avion et l’hébergement de dix participants.

Dates du colloque : 16‒17 octobre 2021

Langues : Français, anglais et arabe

Lieu du colloque : Le Caire (Égypte)

Pour plus de renseignements, merci de nous écrire à .

La question des femmes au centre du renouveau spirituel de l’islam

Asma Lamrabet

Fondation euro-arabe de l’Université de Grenade

icon-calendar Dimanche 21 février 2021

Cliquer ici pour regarder la conférence en français sur Youtube…

Comme de nombreuses femmes musulmanes qui travaillent dans des réseaux intellectuels et militants (Karamah aux États-Unis, ou Musawah en Malaisie), Mᵐᵉ Asma Lamrabet tente de dépasser l’approche légaliste patriarcale mysogine qui a prévalu en Islam, en particulier à travers la jurisprudence (fiqh), en mettant en avant une approche éthique et spirituelle. Plutôt que de s’appuyer sur quelques versets (héritage, témoignage, polygamie) et d’en tirer des principes juridiques généraux pour tout ce qui concerne « la femme musulmane », la lecture éthico-réformiste revient à une lecture holistique du Coran (šumūliyya), qui prend en considération les visées de la Loi (maqāṣid al-šarīʿa) que sont entre autres le bien commun (al-maṣlaḥa al-ʿāmma), la levée de la contrainte (rafʿ al-ḥaraǧ), l’établissement de la justice (iqāmat al-ʿadl). La place de la femme doit être comprise à la lumière de valeurs coraniques générales telles que la justice (al-ʿadāla), l’équité (al-qisṭ), la compassion (al-raḥma), la probité (al-taqwā), l’amour (al-maḥabba), la sagesse (al-ḥikma), la solidarité dans le bien (al-taʿāwun ʿalā al-birr wa-l-taqwā), la protection des démunis (ḥimāyat al-mustaḍʿafīn fī al-arḍ), et non pas à la lumière de cinq ou six versets interprétés trop rapidement et érigés en principes légaux intangibles.

L’espoir de renouveau que porte cette lecture éthique est au service de la libération de tous — en particulier des plus faibles — et pas seulement des femmes, qui ont été rendues totalement invisibles dans la tradition musulmane.

Marie dans la Bible et le Coran

Emmanuel Pisani et Abdelkader Oukrid, Marie dans la Bible et le Coran, Marseille : Chemins de dialogue, 2020, 160 pages.

Les récits de l’Annonciation tels qu’ils sont exposés dans l’Évangile de Luc et dans le Coran ont conduit chrétiens et musulmans à reconnaître en Marie, la mère de Jésus, la figure spirituelle éminente qui permet de fonder le dialogue et la rencontre. De cette approche partagée est né le mouvement « Ensemble avec Marie » qui œuvre au-delà des différences doctrinales pour le dessein de Dieu, à la consolidation de la fraternité, à une civilisation de l’amour et de la paix à laquelle aspirent les croyants des deux religions. En partenariat avec l’Institut de Science et Théologie des Religions de Paris, une journée d’études a été organisée en février 2019 : Il s’agissait d’ouvrir ensemble les Livres de chaque tradition, de scruter, de discerner et d’exposer les lectures et commentaires auxquels ils ont donné lieu. Cet ouvrage témoigne de la densité de ces interventions partagées. Il aide à découvrir la richesse de la figure de Marie dans le Coran et dans la Bible. Chrétiens et musulmans y retrouveront leurs textes, de même que se dessinera dans les propos des intervenants une profondeur qui pourra être source de surprise et d’heureuse fécondité pour tous.

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Jean-Léon l’Africain, De quelques hommes illustres chez les Arabes et les Hébreux

Jean-Léon l’Africain, De quelques hommes illustres chez les Arabes et les Hébreux, texte latin établi et traduit par Jean-Louis Déclais, commenté par Houari Touati, Paris: Les Belles Lettres, 2020, 174 pages.

L’Europe latine n’a guère su de Rhazès, d’Avicenne ou d’Averroès, que des élucubrations qui avaient été élaborées sur leur compte comme de les faire vivre tous ensemble en Espagne musulmane et de faire d’Averroès l’empoisonneur d’Avicenne pour cause de jalousie. Cela marque la différence fondamentale entre le mouvement de traduction gréco-arabe et son corollaire arabo-latin. Tandis que le premier s’est soucié de traduire, à partir de la littérature savante grecque, des recueils biographiques (comme l’Histoire philosophique de Porphyre), des biographies philosophiques (comme la Vita Aristotelis de Ptolémée d’Alexandrie) et bibliographiques (comme Sur l’ordre de ses propres livres de Galien), le second ne s’est pas préoccupé de savoir qui étaient les auteurs arabes qui allaient devenir pour plusieurs siècles les autorités de l’Europe savante.
Il a fallu attendre la Renaissance italienne pour que se développe en Europe une conscience intellectuelle qui conduise à la production de la monumentale Bibliotheca universalis (1545) de l’humaniste suisse Conrad Gessner. C’est dans ce nouveau contexte historique qu’est conçu à Rome, en 1527, le recueil biographique de Jean-Léon l’Africain. Son importance est telle qu’il va rester une référence quasi incontestée jusqu’au milieu du XIXᵉ siècle.
Pour se convaincre de l’importance de sa réception dans la culture européenne moderne, il suffit de savoir que l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert l’a littéralement pillé en lui empruntant plus de la moitié de ses biographies, qui sont reprises telles quelles dans ses entrées.

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De la critique du dialogue interreligieux : fin ou renouveau du dialogue ?

Emmanuel Pisani, « De la critique du dialogue interreligieux : fin ou renouveau du dialogue ? », Religions et dialogues, Paris : Cerf, 2020, pages 125‒159.

Fondé en 1967 dans l’élan du Concile Vatican II à la demande des congrégations missionnaires et de Rome, par les Pères Jean Daniélou et Henri Bouillard, l’Institut de science et théologie des religions de Paris allie la réflexion théologique fondamentale avec les pratiques pastorales et les questions sociétales. Comme institution chrétienne de recherche et de formation, l’ISTR articule plusieurs axes : la recherche et l’enseignement d’une théologie chrétienne de la mission, des religions et du dialogue ; la connaissance des religions et des cultures dans leur diversité et leur créativité contemporaine ; la compréhension du phénomène religieux, du labyrinthe des identités, des athéismes et de l’indifférentisme ; la prise en compte de la complexité des questions d’interculturalité, des interactions sociétales, de l’essor des intégrismes ; la réflexion sur la responsabilité des Églises chrétiennes à l’égard de la société. Les Actes du colloque tenu en juin 2017 à l’occasion du cinquantième anniversaire de la fondation de l’Institut ont permis de mettre en évidence comment l’approfondissement de la dimension dialogale de la mission est au cœur du projet de l’Institut. Il en ressort l’enseignement d’un dialogue qui passe par l’écoute de l’autre, la nécessité de l’estimer, tel qu’il est, sans chercher à le ramener à soi. L’ISTR contribue ainsi à promouvoir depuis cinquante ans une « théologie de l’accueil » où la réflexion sur le dialogue avec les autres religions irrigue et éclaire la société sur la réalité et la nécessité du dialogue. Ouvert sur les autres, l’ISTR de Paris atteste comment le christianisme se déploie comme sagesse et ressource pour l’ensemble des acteurs sociaux, au-delà de leurs croyances personnelles.

Ont contribué à cet ouvrage : Razika Adnani, François Bousquet, Philippe Capelle-Dumont, Paul Coulon, Thierry-Marie Courau, Dennis Gira, Henri de La Hougue, Catherine Marin, Emmanuel Pisani, Ysé Tardan- Masquelier et Éric Vinson.

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Quel est l’horizon des études coraniques en Occident ? (12ᵉ‒18ᵉ siècles)

Sana Bou Antoun

Doctorante à Paris‒IV Sorbonne Université

icon-calendar Mardi 10 novembre 2020

Les études occidentales sur le Coran ont une histoire très ancienne, qui remonte au 12ᵉ siècle, et qu’il est important d’étudier afin de mieux comprendre les enjeux de la situation actuelle. Consistant principalement en des exercices de traduction s’accompagnant de commentaires dans lesquels s’entremêlent remarques philologiques poussées et contenu polémique, elles témoignent de la relation ambivalente existant entre Ouest et Est et partant, entre les sémitisants européens et le Coran.

Plusieurs facteurs ont déclenché l’intérêt des savants en Europe au Moyen Âge pour le Coran. Certains ont tout d’abord considéré que la langue arabe pourrait leur servir à mieux comprendre l’hébreu et les autres langues sémitiques. D’autres avaient un projet d’évangélisation des musulmans. Et d’autres enfin voulaient mieux comprendre l’islam, qu’ils analysaient spontanément comme une hérésie chrétienne.

Si avant le 12ᵉ siècle, le Coran ne nous était connu qu’à travers le regard des chrétiens orientaux, la traduction latine de Robert de Ketton en 1143 a donné un accès direct au texte aux savants occidentaux. Utilisant une élégante langue latine biblique, et s’appuyant sur les commentaires classiques, tel que celui d’al-Ṭabarī (m. 310/923), la traduction de Robert de Ketton entend certes réfuter le Coran, mais en le prenant au sérieux.

La situation change au 14ᵉ siècle avec les savants humanistes de la Renaissance, qui sont dans un rapport conflictuel avec l’Empire ottoman, et qui insistent plus sur la dimension politique de la figure du Prophète Muḥammad que sur son message éthique et eschatologique. Les humanistes relèguent aussi l’arabe au second plan derrière l’hébreu. Les premières traductions en langues vernaculaires européennes sont éditées.

L’anticléricalisme et l’antichristianisme des 17ᵉ et 18ᵉ siècles en Europe ont ensuite eu tendance à présenter l’islam comme une religion plus rationnelle que le christianisme. Quant à la position dominante de l’hébreu dans les études sémitiques, elle a été confortée par le protestantisme.

Comme l’écrit John Tolan, les études coraniques en Occident ont avant tout servi de miroir à la tradition intellectuelle européenne, reflétant ses propres questions, préoccupations et débats internes sur les questions bibliques et religieuses en général.

Le MIDÉO, les Mélanges de l’Idéo

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L’histoire du MIDÉO

Le MIDÉO Mélanges de l’Institut dominicain d’études orientales du Caire — est une revue fondée en 1954 par les premiers membres de l’Idéo. Ces Mélanges publient notamment des contributions académiques des membres de l’Institut et des chercheurs travaillant en étroite collaboration avec eux, en français, en anglais ou en arabe.

En répondant aux objectifs de l’Institut, la revue publie des articles inédits sur l’islam par ses sources ; elle privilégie les questions théologiques et philosophiques, et l’histoire des doctrines. Elle vise aussi par des études approfondies à dépasser l’incompréhension mutuelle entre traditions culturelles et religieuses différentes et accorde une attention particulière à l’évolution contemporaine des recherches à ce sujet.

En consultant la liste des articles parus depuis 1954, on pourra juger de la diversité des sujets abordés. Depuis 2004, une série de monographies, les « Cahiers du MIDÉO », complète la collection. Depuis le numéro 30 (2014), le MIDÉO regroupe à la fois un ensemble d’articles sur une thématique spécifique, des éditions de textes et des varia. Depuis le numéro 31 (2015), le MIDÉO est accessible gratuitement en ligne.