Portail des Bibliothèques d’Orient

bnfLa Bibliothèque nationale de France, dans le cadre de ses programmes internationaux de numérisation partagée, a lancé le projet d’un nouveau portail numérique intitulé « Bibliothèques d’Orient » pour la sauvegarde, la numérisation, la diffusion et la valorisation du patrimoine des bibliothèques francophones de l’Orient méditerranéen.

La Bibliothèque de l’Idéo a été sélectionnée pour participer à ce portail, qui est consultable sur Gallica depuis le 12 septembre 2017.

Le corpus porte sur les pays bordant la côte orientale de la mer Méditerranée : le Liban, la Syrie, Israël, la Palestine, la Jordanie, l’Égypte, la Turquie, auxquels s’ajoute l’Irak. Il s’articule autour de grandes périodes liées à l’histoire de la région : archéologie orientale ; Églises d’Orient ; Empire ottoman ; relations franco-arabes de Napoléon Ier à la 2e guerre mondiale/question d’Orient.
La volumétrie, pour la première étape, est estimée à 5 000 documents du domaine public dont 2 500 pour la BnF et 2 500 pour les partenaires : imprimés, manuscrits, cartes et plans, photographies, affiches, images et, à terme, documents sonores et audiovisuels.

Les partenaires du portail des Bibliothèques du Levant

La participation de la Bibliothèque de l’Idéo

Le fonds spécialisé de l’Idéo concerne le patrimoine arabo-musulman des dix premiers siècles de l’Hégire. Il faut donc y trouver en priorité les éditions de textes des auteurs arabo-musulmans. La section  icon-tags 9 s’intéresse au spectre général de la culture arabo-musulmane. On y trouve non seulement les sciences religieuses, mais aussi la littérature profane ou l’histoire des sciences. La bibliothèque de l’Idéo possède 11 510 ouvrages dont la date de publication se situe entre 1800 et 1945.
Parmi les 1 404 périodiques que la bibliothèque de l’Idéo conserve aujourd’hui, 964 sont en langues européennes et 440 en langue arabe. Seuls 286 sont vivants dont 171 en langues européennes et 115 en arabe. La bibliothèque compte 87 titres de périodiques arabes publiés entre 1800 et 1945.

Ce sont la littérature arabe, le soufisme et l’histoire qui domineront le corpus que la Bibliothèque de l’Idéo apportera au portail.

La conception de la vérité dans le Darʾ taʿāruḍ al-ʿaql wa-l-naql d’Ibn Taymiyya

ibn-taymiyyaSi l’histoire du concept de vérité reste à écrire, nul doute que la « période axiale » mise en avant par Karl Jaspers1 y jouerait un rôle central. Plus précisément, elle soulignerait l’apparition presque simultanée de deux conceptions de la vérité distinctes, mais qui partagent une même prétention exorbitante à l’exclusivité universelle. La science grecque se donne comme objet de distinguer le vrai du faux, quand la théologie biblique présente un Dieu vrai par opposition à tous les autres.

On n’est pas surpris qu’une part non négligeable des efforts intellectuels déployés par les civilisations méditerranéennes ait cherché à définir la validité respective de ces prétentions jumelles et parfois antagoniques. La pensée philosophique et théologique musulmane classique, héritière revendiquée des Grecs2 mais également formée autour d’une des affirmations les plus nettes de l’exclusivisme monothéiste3, fille improbable d’Aristote et du Coran, a produit d’importantes contributions à cette articulation difficile qu’on ne saurait réduire à une simple concurrence entre deux facultés, la foi et la raison : l’enjeu est celui de la définition même de la rationalité. Il serait plus réducteur encore de le résumer au conflit de deux disciplines, la philosophie et la théologie : approche nettement latine, car les divisions du savoir sont bien différentes en monde islamique.

La recherche sur la pensée islamique sunnite classique s’est largement intéressée aux différentes approches visant à assurer les droits de la vérité logique ou de la pensée grecque au sein de la pensée religieuse, à l’exclusion de la vérité révélée quelquefois (Ibn Rāwandī4, Abu Bakr al-Rāzī5), plus souvent par des articulations plus équilibrées, ménageant l’un et l’autre terme en refusant de les opposer : le muʿtazlisme et l’ashʿarisme, al-Ghazālī et Averroès6, ou encore Fakhr al-Dīn al-Rāzī7, de manières bien différentes et souvent polémiques entre elles, s’efforcent de réconcilier ces démarches en affirmant l’unité de la vérité8, d’où découle la rationalité des vérités révélées.

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La réception du Kitāb de Sībawayh en Occident

Jean Druel

icon-calendar Septembre 2015 ‒ Septembre 2017

Couv SibawayhDans sa thèse de doctorat (1992, publiée en 1995 sous le titre Les voies de la transmission du Kitāb de Sībawayhi, Brill) Geneviève Humbert a révélé l’existence d’un parchemin d’Afrique du Nord (Kairouan ?) du  Kitāb de Sībawayh, daté probablement du 5e/11e siècle. C’est un parchemin très rare qui contient en gros un sixième du Kitāb (les chapitres 327 à 435 de l’édition Derenbourg).

Geneviève Humbert a étudié de façon très détaillée l’histoire de la transmission du Kitāb, aussi bien en Orient qu’en Occident et, selon elle, ce parchemin contient une version du Kitāb assez différente de la version « officielle » mise en circulation par al-Mubarrad (m. 285/898). En particulier, il semble que le « corpus canonique des gloses internes » que l’on trouve dans tous les autres manuscrits n’ait pas intégré son matn.

Voici, toujours selon Geneviève Humbert, les noms des grammairiens andalous qui ont joué un rôle important dans la transmission du Kitāb en Occident.

  • Abū ʿAbd Allāh Muḥammad b. Yaḥyā al-Rabāḥī (m. 358/969) qui a rapporté en Andalousie un exemplaire du Kitāb qu’il avait lu au Caire devant Abū al-Qāsim Ibn Wallād (le frère d’Abū al-ʿAbbās, m. 332/944) et Abū Ǧaʿfar al-Naḥḥās (m. 338/950?).
  • Abū Naṣr Hārūn b. Mūsā (m. au début du 5e/11e siècle), qui a étudié avec al-Rabāḥī (m. 358/969) et Abū ʿAlī al-Qālī (m. 356/967), et dont la version du Kitāb a beaucoup circulé en Andalousie.
  • Abū Bakr ʿAbd Allāh b. Ṭalḥa al-Yābūrī (m. 517/1123) qu’al-Zamaḫšarī (m. 538/1144) a rencontré à la Mecque et avec qui il a comparé son exemplaire du Kitāb.
  • Ibn Ḫarūf (m. vers 609/1212) a trouvé l’exemplaire d’Abū Naṣr Hārūn b. Mūsā et l’a comparé avec un exemplaire personnel d’Abū ʿAlī al-Fārisī (m. 377/987) qu’il avait trouvé en Syrie.

Dans cette recherche, Jean Druel ne s’intéressera pas à la transmission du texte comme le fit Geneviève Humbert, mais aux enseignements grammaticaux qu’on peut tirer de cette différente version du texte. Ce parchemin particulier contient-il des lectures significativement différentes ? Jette-t-il une lumière nouvelle, non pas sur la réception du Kitāb, mais sur les enseignements de Sībawayh ?

Les modèles post-libéraux du pluralisme religieux

Rémi Chéno

Après une courte incursion dans la logique jaïna et son modèle du statut de l’énonciation dans un débat, Rémi Chéno poursuit ses recherches sur la possibilité d’une approche pluraliste des religions.

Dans son ouvrage célèbre, The Nature of Doctrine, 1984, George Lindbeck avait opposé le modèle culturo-linguistique, qu’on appelle désormais modèle post-libéral, au modèle cognitif propositionnel de la métaphysique classique et au modèle expérientiel expressif de la théologie libérale. À un premier examen, ces trois modèles renvoient respectivement à trois théories différentes de la vérité : la théorie pragmatique, la théorie réaliste de la correspondance et la théorie idéaliste de la cohérence. Mais ces associations ne fonctionnent que de façon approximative. Continuer la lecture Les modèles post-libéraux du pluralisme religieux

PLURIEL

L’Idéo est partenaire de la plateforme universitaire PLURIEL.

logo_plurielPLURIEL est la plateforme universitaire de recherche sur l’islam en Europe et au Liban, initiée par la Fédération des Universités catholiques. Elle vise à favoriser le lien entre chercheurs travaillant sur l’islam et sur le dialogue islamo-chrétien en rapport avec les chrétiens d’Orient, à susciter aussi une interaction entre universitaires et acteurs de société, notamment au niveau des entreprises. L’objectif étant de décloisonner les champs de recherche sur l’islam et de développer des outils méthodologiques pour éviter des situations de blocage.

La plateforme électronique est la vitrine des activités de l’ensemble des groupes de recherche. Elle informe des nouveautés, des publications et des événements en termes de congrès, de colloques, de journées d’étude ou de conférences internationales. Elle offre aussi des ressources disponibles sur le web sous forme de bibliothèques en ligne, articles…

Le Projet des 200

icon-calendar Mars 2013 ‒ février 2016

Logo 200 SiteSuite à l’appel à projet de la Commission européenne (offre Europe Aid/132-617/ L/ACT/EG), un contrat a été signé avec l’Union européenne dans le cadre de l’European Instrument for Democraty & Human Rights le 19 décembre 2012 (référence EIDHR/2012/ 308681) pour un montant de 155 000 €, intitulé : « Historic contextualisation of 200 Classical authors of the Islamic heritage ».

Ce contrat est essentiel pour AlKindi v. 4 puisqu’il ouvre un chantier d’enrichissement de notre catalogue en terme de contextualisation historique et d’intertextualité, qui permettra de mettre en évidence toutes les ressources du nouveau logiciel.

200 auteurs de l’héritage culturel arabe classique seront étudiés en priorité, parmi lesquels : al-Ǧāḥiẓ (m.255/869), al-Farābī (m.339/950), Ibn Sīnā (Avicenne, m. 428/1037), al-Bīrūnī (m. 440/1048), al-Ghazālī (m. 505/1111), Ibn Rushd (Averroès, m.595/1198), Ibn ʿArabī (m.638/1240), Ibn Taymiyya (m. 728/1328), Ibn Qayyim al-Ǧawzīya (m. 751/1350), Ibn Khaldūn (m. 808/1406), Ibn Ḥaǧar al-ʿAsqalānī (m. 852/1449), ou al-Suyūṭī (m. 911/1505), etc. Continuer la lecture Le Projet des 200