Congrès Pluriel « Islam et altérité » à Beyrouth, 23‒27 mai 2022

Synthèse du frère Emmanuel Pisani donnée le 25 mai 2022 à l’issue du Congrès Pluriel « Islam et altérité » à Beyrouth

Dans sa conférence inaugurale, Raja Sakrani a d’emblée posé la thèse de l’ambiguïté de l’islam, de son ambivalence à l’égard de l’autre  pour reprendre le titre du livre de Thomas Bauer: on a une oscillation entre un regard positif d’ouverture, d’attribution de droits, de reconnaissance où l’on peut penser l’altérité en islam dans le cadre d’un « paradigme interculturel », et de l’autre un regard fermé, de rejet de l’autre et de ses croyances avec la mobilisation de distinctions théologiques très fortes, telles le pur et l’impur, distinction d’autant plus opératoires qu’elle est connotée par la notion de sacré et par conséquent non sans lien avec la possibilité de sacrilège. Elle a analysé plusieurs facteurs qui permettent de comprendre pourquoi une pensée islamique de l’altérité est difficile, notamment en mobilisant la notion de ressentiment.

À la lumière de la politologie, de la philosophie de la psychologie, de la psychanalyse aussi – elle a montré comment l’autre est pensé aujourd’hui notamment dans un jeu de miroir où se construit l’identité : à la fois « je est un autre », mais l’autre est aussi une réalité du je. Dans ce cadre, elle a abordé la réalité de « frontière » entre le moi et l’autre, à l’exemple de la femme, du castré et de l’esclave. À cet égard, elle a abordé la question de l’identité sexuelle comme construction. Cette question mise à jour notamment par l’art (théâtre, peinture, caricature) apparait encore comme un impensé en islam et constitue un défi pour la théologie islamique.

Dans le cadre des communications, plusieurs focus.

D’une part, Samir Arbache a abordé la présentation de la réalité de l’altérité dans le Coran et la Sunna, ainsi que sur des réalités culturelles, à partir de quelques exemples emblématiques qui posent débat : la réalité du dialogue (avec une discussion contextualisée sur l’utilisation de verset coranique utilisé habituellement par les acteurs du dialogue), les dhimmis, la sharia, les mariages mixtes, … Du point de vue culturel, il a montré le paradoxe de la part de ceux qui rejettent l’Occident dans ses valeurs mais qui témoignent de « gourmandise » dès lors qu’il s’agit de s’approprier toutes les nouveautés techniques et technologiques venant de l’Occident. Il a conclu cependant sur l’existence de penseurs musulmans qui pensent l’autre (l’Occident) à partir de la manière dont il se dit… mais ces penseurs sont encore aujourd’hui marginalisés.

Mais que dit le Coran de l’altérité ? L’intérêt de l’intervention de Ali Mostfa est d’avoir montré comment le Coran développe une perspective inclusive dans la différence. On parle en effet d’ikhtilāf, et la différence est de l’ordre de la distinction et non de la séparation : le Coran qui est la matrice langagière pour comprendre la notion d’altérité distingue sans séparer, il renvoie à du commun, si j’ose dire, « il distingue pour unir ».

Plusieurs interventions en sciences politiques ont abordé les idéologues et les idéologies de courants en islam qui refusent l’autre.

Ainsi, Haoues Seniguer a présenté le discours du frère musulman al-Qaradawī : il montre que le mouvement correspond à une idéologie intégraliste (Emile Poulat) qui si elle prend des expressions différentes depuis sa fondation par Hasan al-Banna, est marquée par des invariants : cet intégralisme conduit à la définition d’une attitude et d’une sociabilité envers l’autre dans la vie quotidienne. Seniguer montrait à partir du discours d’al-Qaradawī un paradoxe dans la mesure où d’un côté il y a la reconnaissance du dialogue, et même un encouragement, mais d’un autre côté, les idéologues frèristes gardent un discours exclusiviste. Discours sectaire comme l’a montré Wael Saleh. En effet, hors de l’islamisme frériste il n’y a pas d’islam. Il y a l’exclusion des musulmans qui ne sont pas islamistes par une dimension holistique et l’établissement paradoxal d’un culte au fondateur. On est dans une identité assumée comme intrinsèquement conflictuelle.

Ce discours exclusiviste (pas seulement frériste) a aussi été étudiée et présentée par Mounia Aït Kabboura qui a mobilisé la notion philosophique de « mal radical » d’Hannah Arendt pour appréhender la nature du djihadisme violent. Elle a aussi mobilisé la thèse du sociologue palestinien Edward Saïd dans son ouvrage L’Orientalisme pour montrer que l’on a dans ces mouvements la même logique mais inversée, d’où la notion d’orientalisme inversé, que l’on pourrait aussi appelé l’occidentalisme. Elle a montré que cette logique identitaire totalitaire, est à penser avec son pendant, l’idéologie nationaliste qui vise aussi à exclure et à rejeter de la société canadienne, l’immigré. Ces idéologies fermées se nourrissent les unes des autres, se renforcent les unes des autres, en s’appuyant sur le discours exclusiviste de l’autre, ce qui génère une spirale inquiétante.

C’est cette même logique qui a été décrite par Anwar Alam à propos de son étude sur les musulmans en Inde. Le contexte actuel est marqué par la mise en place d’une politique d’hindouïté théorisée au début du XXe siècle et d’ailleurs inspirée par les fascismes européens. Ces politiques définissent l’identité indienne à partir de l’indouisme en opposition à l’autre. Il s’ensuit une politique anti-musulmane très forte, qui vient arrêter, non sans violence, la montée croissante de l’islam en Inde, et la renvoie à un statut précaire de minorité et de subordination. De cela, il s’ensuit un renforcement du communautarisme islamique : il s’agit de faire corps face à un autre hostile.

Le rapport entre religion et ethnie a aussi été exposé par Cedomir Nesorovic à propos de l’ex-Yougoslavie. Il a montré comment l’appartenance à l’islam a pu contribuer à créer de la différence dans un contexte où des hommes d’une même ethnie se sont différenciées à partir de la variable religieuse. Il montre que la variable religieuse a fini par épouser la variable ethnique si bien que des hommes et des femmes d’une même ethnie en sont venus à être distingués ethniquement, en raison de leur religion.

Il reste que si la religion joue un rôle identitaire, cette identité est-elle compatible avec la reconnaissance de l’autre ? C’est la question qu’a posé Antoine Fleyfel à propos des chrétiens d’Orient. Il a montré que dans le cas de l’identité chrétienne qu’elle n’est pas en soi opposée à l’autre. Le nationalisme arabe dans un espace citoyen a voulu accoucher d’un projet commun entre chrétiens et musulmans, mais sa récupération islamique n’a pas permis aux chrétiens d’adhérer majoritairement à ce projet. Le projet de créer une théologie chrétienne du pluralisme pour fonder un lieu commun qui accorde toute sa place aux musulmans a aussi échoué. Aujourd’hui, la crise identitaire que les chrétiens d’Orient traversent est marquée par un effondrement de la présence des chrétiens. Les concepts d’arabité, de coptitude, sont devenus creux. Il s’ensuit un repli sur soi-même qui compromet l’ouverture des chrétiens à l’autre et par conséquent, leur contribution culturelle, ce qui est tout à fait contraire à tout l’engament des chrétiens depuis la Nahda. Il s’ensuit du côté des chrétiens une tentation exclusiviste. C’est la tentation de la fermeture, par mimétisme de l’autre, dont nous a parlé Michel Younès à la lumière de la philosophie de Paul Ricoeur et auquel répond le dialogue narratif qui laisse au contraire toute sa place à l’autre.

Si les mouvements exclusivistes ont réussi à s’imposer politiquement dans plusieurs pays, notamment en surfant sur les printemps arabes, qu’en est-il alors de leur politique à l’égard de l’autre – au niveau national – mais aussi de l’autre au niveau de la politique étrangère, sur la scène internationale ?

Amina Dhrimeur a analysé le discours du PJD (Parti de la justice et du développement) au Maroc et qui est au pouvoir depuis 2011. Elle montre qu’il y a un discours fondé sur une double opposition : l’opposition entre la masse et l’élite (au sein de la société marocaine : l’élite étant corrompue) et l’opposition entre le marocain et le non-marocain. Pour autant, sur le plan international, la normalisation avec Israël semble paradoxale. Elle témoigne d’un certain pragmatisme de la part de ce parti politique.

Sur la scène internationale, justement, Mohamed-Ali Adraoui a montré à partir d’une lecture constructiviste (c’est-à-dire une lecture qui montre que le discours intérieur à des conséquences en politique internationale), que les islamistes inscrivent leur discours dans une perspective internationaliste. Ainsi, dans la mesure où l’Etat-Nation est une construction occidentale, ils doivent être pour eux dépassé. Là encore, il a montré une tension puisque à la fois le nationalisme est exacerbé, mais seulement comme constituant une étape. Ainsi, on voit en Tunisie que le mouvement Nahda promeut la personnalité islamique de la Tunisie pour qu’elle retrouve son rôle « en tant que base de la civilisation islamique en Afrique et mettre fin à l’état d’aliénation et d’égarement ». Il s’agit de « renouveler la pensée islamique à la lumière des fondements de l’islam et des exigences du progrès et son épuration des reliques des temps de décadence et l’influence de l’occidentalisation ».

Mais au-delà des idéologies exclusivistes, qu’en est-il du dialogue et d’une pensée pluraliste en islam ? Qu’en est-il d’un discours opposé à l’exclusivisme violent ? Dirk Ansorge a étudié l’approche de Muhammad Tahir al-Qadri, savant pakistanais, qui a condamné le terrorisme islamiste et propose une approche des droits humains et de la démocratie, mais son approche n’est pas sans problème puisqu’elle finit par englober l’autre et n’honore pas réellement le respect de l’altérité tandis que Asli Karaca montre que la femme est aussi le prototype de l’autre et que l’on assiste à une contestation du statut personnel de la femme et à son évolution en Égypte et Palestine dans une perspective citoyenne qui ne concerne pas seulement l’opposition entre musulmans et non musulmans. Cependant, au-delà des discours d’ouverture et d’égalité, elle constate la persistance de l’infériorisation de la femme en tant que citoyenne et par conséquent le fossé entre des déclarations politiques prêchant l’égalité citoyenne et les pratiques sur le terrain. De même, pour le Maroc, nonobstant la Déclaration de Marrakech de 2016 sur les minorités religieuses, Youssef Boutahar, en abordant le contrôle par l’institution de l’Imarat al-Mouminin des champs politiques et religieux, il a montré les restrictions qui entourent les libertés d’expression des minorités chrétiennes, bahaiyya, Shiia. La situation ne semble pas évoluée, à l’aire des enjeux de sécurité religieuse.

La perspective de la citoyenneté est aujourd’hui défendue par al-Azhar comme l’a présenté Mohamed Gamel Ali, même s’il a montré que la conception de la liberté religieuse promue par al-Azhar ne recoupe pas pleinement celle de la Déclaration des droits de l’homme. Il y a un effort de repenser certains concepts traditionnels et de les adapter à la réalité d’aujourd’hui. Symptomatique à cet égard et la réévaluation des concepts de dār al-islam / dār al-ḥarb comme l’a présenté Farid Bouchiba soulignant la capacité des penseurs musulmans à l’adaptabilité, à la flexibilité des discours de la normativité islamique concernant les territoires, qui permet notamment de justifier la présence de musulmans en Europe, sans appeler à leur émigration et donc d’inscrire le discours dans un cadre mondialisé.

Au-delà d’un pluralisme qui reconnait l’autre, il y a aussi un pluralisme actif qui revient à appelle à se pencher sur l’autre, à chercher à le connaître et à la reconnaître.

C’est ce pluralisme actif qui a été vécu en Afrique du nord par la présence des pères blancs. Comme l’a montré Rémi Caucanas, il y a eu de leur part un choix délibéré après la période coloniale de vivre en milieu musulman pour les connaître et ils ont recherché volontairement à s’inculturer, cad à se laisser changer par eux. Mais qu’en est-il du côté musulman ?

Vanessa Breidy a proposé une perspective shiite à partir d’un auteur, le Dr. Mohammad Ali Shomali. Le fondement est celui de l’amour de Dieu qui fonde l’unité des hommes.

Cette question de l’amour développé par les mystiques comme l’a rappelé Raja Sakrani, a aussi été traitée par notre conférencier Gabriel Reynolds dans sa conférence sur le salut universel du point de vue du Coran. L’amour de Dieu, sa miséricorde pour tous est un fondement au dialogue dans la mesure où il n’est pas nécessaire de ramener l’autre à soi pour le sauver. Il conditionne le dialogue authentique et sincère dans lequel l’identité ne s’oppose pas à l’altérité mais s’ouvre à elle, comme l’a rappelé dans sa conférence inaugurale le Recteur de l’Université Saint Joseph, Salim Daccache, reprenant la définition du dialogue du pape François lors de sa visite officielle à al-Azhar le 28 avril 2017.

S’initier à l’islamologie par un stage linguistique en arabe au Caire ?

C’est possible cet été 2022 à l’Idéo

L’Idéo propose aux frères dominicains en formation philosophique ou théologique un stage d’un mois au Caire d’initiation à la connaissance de l’arabe et de l’islam. Ce stage doit permettre d’ouvrir les frères au cours de leur formation à la réalité du monde islamique dans ses croyances et dans son vécu.

Du point de vue méthodologique, nous proposons de partir d’une initiation à la langue arabe afin d’en montrer sa logique propre et sa dimension théologique. C’est donc par le biais linguistique que les étudiants sont introduits à l’islamologie.

Le stage dure quatre semaines : chaque semaine est composée de cinq jours de cours (du lundi au vendredi) ; chaque journée se décompose en 5 heures de cours : trois heures en classe entière et deux heures avec un tuteur individuel. Au cours du mois, les étudiants visiteront des mosquées, des musées et l’Université al-Azhar. Ils rencontreront des intellectuels musulmans. Un week-end à Alexandrie sera également organisé pour visiter la Bibliotheca Alexandrina.

La session est précédée deux mois auparavant d’un moodle pour apprendre les bases de la lecture et de l’écriture. La réussite au moodle est une condition préalable à la participation au stage du Caire.

La prise en charge de la formation (cours, pension complète, week-end à l’Alexandrina, visites au Caire) est assurée par un programme de bourses de l’Idéo. Il revient aux provinces d’assurer le règlement du billet d’avion et le viatique des frères sur place. Pour les provinces dont le prix du billet serait trop dispendieux, il est possible de solliciter une aide exceptionnelle de l’Idéo (nous consulter).

Dates : Arrivée les 16 ou 17 juillet 2022 au Caire. Début des cours le 18 juillet 2022. Fin de cours le 12 août 2022.

Modalités d’inscription : La demande d’inscription est à envoyer à la direction de l’Idéo avant le 15 mai (). Elle se compose d’une lettre de motivation de l’étudiant (en allemand, anglais, espagnol, français ou italien), des résultats du dernier semestre de sa scolarité dont il dispose, d’une lettre de recommandation du directeur des études ou du Régent des études. L’étudiant reçoit confirmation de sa participation au stage le 20 mai 2022. Il lui revient d’entreprendre les démarches consulaires dans le cas où il aurait besoin d’un visa.

Licence canonique études arabes et islamologie

Objet : 5 bourses d’études pour la formation en arabe et islamologie (2023‒2026)

L’Institut dominicain d’études orientales a été fondé en 1953 au Caire afin d’étudier scientifiquement l’islam et la civilisation arabo-musulmane. Notre vocation est de pouvoir porter un regard théologique sur l’islam tout en mettant en œuvre un dialogue théologique avec les musulmans.

Dans le contexte actuel caractérisé par l’omniprésence de la dimension islamique, il nous apparait nécessaire d’offrir aux provinces qui le souhaitent la possibilité de former un frère en islamologie afin de lui donner les compétences sur le patrimoine islamique en lien avec des questions contemporaines qui lui permettront de répondre aux défis de notre époque, quels que soient les continents.

Nous proposons un programme d’études de trois ans pour préparer une nouvelle génération de dominicains à ces questions.

À l’issue de sa formation, les frères qui nous seront confiés, seront porteurs d’une licence canonique en études arabes et islamologie de 120 ECTS.

Ils maitriseront l’arabe et seront ainsi bien outillés soit pour enseigner dans nos facultés de théologie, soit pour poursuivre leurs études dans le cadre d’un doctorat.

Le financement du programme peut être pris en charge via un programme de boursesqui inclut les frais de cours, la pension au couvent Notre-Dame du Rosaire au Caire, et un voyage en avion chaque année vers la province d’origine. Pour toute demande de bourse, chaque province ou vice-province participe à minima à l’inscription du frère à l’assurance sociale EMI qui s’élève selon les niveaux de protection souhaités entre 700 à 1 700 euros par an.

La rentrée est prévue pour le 1er septembre 2023.

Les demandes de bourse Spem miram doivent être adressées avant le 1er mars 2023 à "> et à la direction de l’Idéo . Nous restons à votre disposition pour vous aider dans les démarches administratives.

Année 1 et Année 2

La première année donne à l’étudiant les bases de la langue arabe afin qu’il puisse savoir lire et écrire en arabe, définir la morphologie des mots, identifier la structure grammaticale d’une phrase arabe et commencer à fréquenter des textes islamiques.

Les textes dans leur graduation permettent d’inscrire dans la mémoire à la fois le vocabulaire et les tournures arabes. Il acquiert une compréhension de textes écrits, mais aussi le vocabulaire de base de la presse, de la radio et de la télévision.

L’étudiant est accompagné dans son apprentissage par un répétiteur personnalisé afin de l’aider à l’assimilation d’une famille de mots, à stimuler et vérifier sa mémoire.

À la fin de la première année, il doit être en mesure de lire des textes littéraires et classiques et d’en dégager le sens général. Il est en mesure de s’exprimer en arabe.

L’objectif de la deuxième année au Caire est de permettre de s’immerger dans l’arabe classique et d’acquérir par l’étude des textes sources les bases des principales sciences islamiques. On effectue un travail systématique sur le lexique, afin de distinguer les différents courants islamiques et la singularité de leurs approches.

Aux cours d’arabe classique s’adjoignent une formation en liturgie chrétienne et un tutorat de lecture afin de traverser l’histoire de la pensée islamique. Durant cette année, il est attendu de l’étudiant qu’il identifie un auteur ou une question posée ou portée par un auteur et qu’il souhaiterait approfondir dans un travail de mémoire.

Enfin, les étudiants reçoivent une formation sur le dialogue interreligieux sous forme de cours ou séminaires.

Année 3

L’année 3 porte sur un travail plus systématique en théologie et philosophie islamique. Le nombre de cours est réduit afin de permettre aux étudiants de définir un texte, de le traduire, de le situer dans le temps et l’histoire des doctrines islamiques, d’en dégager une problématique, en vue de rédiger un mémoire de 80 pages. L’étudiant est accompagné dans cet exercice par un directeur. Il est invité à participer aux séminaires hebdomadaires de l’équipe de recherche de l’Idéo

Acquisition des compétences

Aux termes des trois années, sont acquises les compétences suivantes :

– connaissance de la structure de la langue arabe littéraire écrite permettant à l’étudiant de lire et de comprendre, sans difficulté excessive, des textes littéraires et religieux complexes anciens et contemporains ;

– connaissances scientifiques de base dans les sciences islamiques les plus importantes ;

– acquisition d’une méthode scientifique d’étude comparative des Écritures et de la pensée théologique des chrétiens et des musulmans ;

– capacité à effectuer une analyse adéquate de la complexité du monde islamique classique et contemporain ;

– capacité à élaborer de manière critique sa propre réflexion sur la religion islamique et sur les relations islamo-chrétiennes.

– capacité d’agir avec compétence dans le domaine du dialogue islamo-chrétien ;

– savoir rédiger et discuter de manière organisée et méthodologique une réflexion théologique à partir d’un texte arabe

– pouvoir poursuivre des études doctorales en islamologie ou théologie des religions.

Admission

L’étudiant doit être en possession d’un baccalauréat canonique et avoir obtenu à minima la mention magna cum Laude.

Dans le cas où il finit son année de baccalauréat et ne serait pas encore en possession de son diplôme, il présentera au moment de la constitution de son dossier les résultats de la dernière année de sa scolarité.

Il devra avoir des connaissances suffisantes en anglais ou en français pour suivre les cours d’islamologie et ceux sur le dialogue.

Il rédigera une lettre de motivation.

Il revient au Régent des études de joindre à son dossier une lettre de recommandation.

Dossier d’inscription pour la bourse Spem miram internationalis

Le programme de formation peut bénéficier d’une demande de bourse à Spem miram internationalis. En ce cas, il est à adresser à   et à  avant le 1er mars 2023.

Dossier d’inscription à la bourse spem miram prérempli en français

Identités de papier

Guillaume de VaulxIdentités de papier. Essai documenté sur la logique identitaire, Liban, Dergham, 2022, 376 pages.

Certes, l’identité ne se réduit pas à ses papiers, mais elle débute peut-être par là. C’est du moins ce qu’enseigne le cas libanais. Et ce commencement doit être pris au sérieux. Née sur les papiers, l’identité libanaise constitue alors le paradigme de l’administration des appartenances, dont ce livre dévoile les mécanismes et la philosophie qui la sous-tend.

L’essai consiste en une analyse de la logique identitaire comprise comme ce qui dicte qui nous sommes, constituant par-là une formidable opération à la fois de distinction du semblable d’avec le semblable et d’assimilation de ce qui est différent. Mais muette sur ce que nous sommes, la logique identitaire constitue un repli hors du sens. Et si les identités nous condamnaient alors à un usage du langage dépourvu de signification? S’appuyant sur la théorie des ensembles, l’ouvrage propose une théorie inédite de la logique identitaire, des appartenances qu’elle forge, des marques qu’elle appose sur les corps, des stratégies qu’elle actionne et des loyautés et adversités qu’elle engendre entre les êtres. À partir de ces principes, sont proposées des études historiques et anthropologiques sur l’identité au Liban, et apportés les éléments qui la constituent et la manifestent : principalement, la galerie unique qui regroupe pour la première fois et de façon exhaustive et commentée les papiers d’identité libanais depuis l’époque ottomane jusqu’à nos jours, ainsi qu’une série de portraits manifestant la pluralité des statuts administratifs actuels.

Acheter le livre sur le site Dergham…

L’histoire religieuse contemporaine en France

Dominique Avon, L’histoire religieuse contemporaine en France, Paris, Éditions La Découverte, 2022, 295 pages.

Le paysage confessionnel et convictionnel de la France du début du XXIᵉ siècle est marqué par une grande diversité : catholiques, agnostiques, athées, sunnites, bouddhistes, protestants, juifs, orthodoxes, hindous, autres groupes minoritaires issus du christianisme ou de l’islam…Cette réalité n’a fait son entrée que récemment dans le champ de l’histoire religieuse contemporaine. Celle-ci, longtemps marquée par une attention prioritaire au catholicisme, avec des sillons spécifiques tracés pour le judaïsme et le protestantisme, a connu un renouveau. C’est ce dont vient témoigner cet ouvrage, qui constitue la première grande synthèse portant sur la manière dont l’historiographie française a articulé religions, sécularisation et modernité.
À travers l’histoire d’une corporation ouverte à la fois à d’autres disciplines (sociologie, philosophie, théologie, anthropologie, droit) et à d’autres spécialités (histoire politique ou sociale et, plus récemment, histoire culturelle, histoire des femmes, histoire de la jeunesse ou histoire de la santé) se dessine un portrait de groupe au sein duquel des débats intéressant l’ensemble de la discipline historique ont été tenus. Si ses membres ne répondent pas à des profils homogènes, l’empreinte commune de leurs travaux est cependant significative dans le paysage de la recherche et son rayonnement déborde les frontières nationales.

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Penser l’islam en Europe

Alberto Ambrosio et Laurent Mignon, Penser l’islam en Europe. Perspectives du Luxembourg et d’ailleurs, Paris, Hermann, 2021, 303 pages.

Pays d’immigration et pionnier du projet d’unification européen, le Luxembourg n’a pourtant que récemment fait connaissance avec le fait islamique. Penser l’islam en Europe recueille les actes du colloque «  De l’islam à Luxembourg à une pensée européenne de l’islam  », organisé à la Luxembourg School of Religion & Society et à l’Université de Luxembourg. Avec pour objectif de penser ou de repenser l’islam sous différents angles, l’ouvrage, d’une part, met en avant des relectures de quelques problématiques par rapport au fait islamique en Europe ; d’autre part, les auteurs présentent  divers aspects de la présence musulmane au Luxembourg. Délibérément multidisciplinaire par son approche, ce livre est une introduction aux questions historiques, migratoires et juridiques soulevées par cette présence encore peu étudiée dans le cadre de l’islamologie universitaire.

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Eschatologie du quotidien

Alberto Ambrosio, Eschatologie du quotidien. Le Jugement dernier de Maxim Kantor, Milan, Mimésis, 2021, 158 pages.

Ce livre, le deuxième de la collection « Dans la règle de l’art » , est un commentaire libre du tableau de l’artiste russe Maxim Kantor, conservé aujourd’hui dans le Musée National d’Histoire et d’Art de Luxembourg, après avoir été exposé à côté du Jugement dernier de Bosch, en 2018, à Vienne. Commentaire libre qui débouche sur une véritable méditation théologique, car ce tableau se plaît à dire que le quotidien est éminemment eschatologique.

Chaque instant relève de l’éternité. En prenant donc l’inspiration du Jugement dernier représenté par Maxim Kantor comme une scène vespérale et familiale, Alberto Fabio Ambrosio, en tant que théologien, glose ce tableau jusqu’au dernier détail.

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Théologie de la mode

Alberto Ambrosio, Théologie de la mode, Dieu trois fois tailleur, Paris, Hermann, 2021, 118 pages.

Abordant un sujet original et unique, Théologie de la mode s’applique à étudier l’articulation entre le goût vestimentaire et les religions, et plus particulièrement la question de la théologie du vêtement et de la mode. Domaine de recherche spécifique d’Alberto Fabio Ambrosio, ce dernier s’appuie sur les textes bibliques, mais aussi sur certains éléments de la tradition patristique et quelques documents du magistère pontifical, qui permettent de construire, à l’époque contemporaine, un discours religieux – mieux, une interprétation religieuse – autour du vêtement et de la mode. La pensée commune nous porte à croire, de manière erronée, que l’Église n’est que reproches envers cette dernière. En réalité, elle a tenté d’en expliquer les potentialités, mais aussi les dangers éventuels qui en résulteraient. Il s’agit donc ici d’aborder la mode sous l’angle d’une interprétation théologique, afin de comprendre ce phénomène aussi prégnant dans nos sociétés actuelles.

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Bourses de terrain de trois mois pour les étudiants en master ou en doctorat

destinés aux étudiants des centres d’études dominicains

→ Objectif de la bourse : soutenir la recherche d’étudiants en théologie, histoire-géographie, sociologie, philosophie, sciences politiques ou linguistique et dont l’étude, portant sur l’islam ou le monde islamique, nécessite un travail de recherche au Caire (sources bibliographiques, enquête de terrain, etc.).

→ Objet de la bourse : La bourse couvre les frais d’hébergement à la Villa des chercheurs de l’Idéo sur une durée de trois mois, elle prend en charge le billet d’avion aller-retour à hauteur de 500 euros, et accorde un soutien à la recherche sur place (300 euros par mois). Elle ne couvre pas les frais administratifs de demande de Visa et ni les frais d’assurances civiles et de santé.

→ Eligibilité : être étudiant en master ou doctorat inscrit dans une université dominicaine, une faculté ou un centre d’études dominicains.

Pour tout renseignement : contacter