Faire autorité. Les religions dans le temps long et au défi de la modernité

Dominique Avon (dir.), Faire autorité. Les religions dans le temps long et au défi de la modernité (Actes du colloque du 40ᵉ anniversaire de l’AFHRC, Paris, septembre 2014), Rennes: PUR, 2017, 256 pages.

En inscrivant le propos dans la longue durée, ce livre permet de poser des jalons de la construction des autorités religieuses, de leur remise en question puis des formes d’adaptation aux situations nouvelles. En offrant des possibilités de mise en regard avec, par exemple, le sunnisme et le confucianisme, il ouvre la voie d’un comparatisme fécond, qui existe en anthropologie mais qui reste encore trop rare en histoire.

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Frères prêcheurs et intellectuels musulmans

Dominique Avon, « Frères prêcheurs et intellectuels musulmans dans le contexte post-conciliaire : L’Institut dominicain d’études orientales (1965‒1995) », Les Dominicains en France (XIIIe‒XXe siècle), Édité par Nicole Bériou, André Vauchez & Michel Zink, Paris : Académie des Inscriptions et belles-lettres & Cerf, 503‒527.

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Qui sont les sunnites ?

Dominique Avon, « Qui sont les sunnites ? Polémique autour d’un congrès et de deux documents », Carnet de recherche de l’Ipra, septembre 2016.

C’est pour répondre à cette question que, du 25 au 27 août 2016, environ deux cents savants sunnites du monde entier se sont rassemblés à Grozny sous la houlette du président de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov. L’objectif affiché était de circonscrire le sunnisme contemporain, afin d’en démarquer les tendances et groupes qui perpètrent et encouragent des violences au nom de l’islam, ou qui apparaissent trop éloignés de l’enseignement institué en Egypte, au Maroc, en Tunisie et au Yémen. Depuis deux décennies, marquées notamment par les guerres en Tchétchénie, la problématique est redevenue sensible dans la Fédération de Russie.

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Le sort des athées en contexte majoritairement musulman

Dominique Avon, « Le sort des athées en contexte majoritairement musulman », Observatoire des religions et de la laïcté, août 2016.

Une quarantaine de pays dans le monde punissent « l’offense aux religions » par des peines allant de l’amende à la mort en passant par la prison selon les rédacteurs du rapport Freedom of Thought publié en 2013. Parce qu’ils identifient le fait de l’athéisme à une apostasie contre nature ou à un blasphème, les États à référence musulmane sont particulièrement concernés. Cet article vise à appréhender le phénomène récent d’une expression de l’athéisme dans les sociétés majoritairement musulmanes, et les moyens de lutte conjointe qu’y mènent les autorités politiques et religieuses.

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Histoire positive et histoire sacrée

Dominique Avon, « Histoire positive et histoire sacrée autour de la pensée de Louis Massignon » dans Cahiers d’étude du religieux 16 (2016).

Louis Massignon (1883‒1962) fut l’un des orientalistes les plus renommés de la première moitié du XXᵉ siècle. Sa thèse porta sur la vie du mystique musulman Manṣūr al-Ḥallāj (v. 858‒922), qui fut jugé et exécuté. Trois facteurs expliquent son influence. D’abord, son érudition articulée sur une force de travail impressionnante qui lui permit de se maintenir au sommet de sa discipline. Ensuite, son lien avec les services diplomatiques qui lui assura un soutien politique. Enfin, sa capacité à créer une voie inédite au sein de l’Église catholique où il devint aussi célèbre que contesté. Certaines de ses publications sont significatives de son approche particulière des sciences religieuses. Comme l’exemple des « Sept Dormants d’Éphèse » le montrera, il rejetait une partie des résultats des recherches exégétiques et archéologiques au nom d’une parole commune entre traditions religieuses.

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Un intellectuel musulman libéral : Gamāl al-Bannā (1920‒2013)

Dominique Avon

Professeur d’histoire contemporaine à l’Université du Maine (le Mans), enseignant à Sciences Po. (Paris)
icon-calendar 30 mai 2013

Gamāl al-Bannā fut un intellectuel en marge des réseaux et institutions du savoir islamique classique comme des sciences humaines et sociales modernes. Autodidacte, travailleur reconnu pour son intégrité et voué dès son plus jeune âge à la promotion d’une plus grande justice sociale, il a pris acte de la tension habitant le monde arabe majoritairement musulman depuis la fin du XVIIIᵉ siècle : avoir été un centre de civilisation rayonnant un millénaire plus tôt ; ne l’être plus de facto.

À la suite d’aînés illustres, son effort intellectuel a donc visé à apporter des éléments de réponse à ce défi. La condition initiale à la réussite de l’entreprise était, selon lui, l’adoption par les musulmans du principe de liberté. L’une des conséquences de la mise en œuvre de ce principe dans le champ de la pensée devait être la refonte du ʿilm en commençant par la déconstruction du Ḥadīṯ. Ce faisant, il ne manqua pas de susciter de vives réactions.Ces aspects sont au cœur des deux essais traduits en français pour un public qui mesure mal l’étendue des débats contemporains en langue arabe ainsi que leurs limites.