Fécondité de la métaphore linguistique de George Lindbeck

Rémi Chéno, « Fécondité de la métaphore culturo-linguistique de George Lindbeck en théologie des religions », dans : Thomas Alferi, Fred Poché, Frédérique Poulet (éd.), Langage et religion. Vers un nouveau paradigme ?, Strasbourg : Presses universitaires de Strasbourg, 2017, ISBN : 978-2-86820-542-1, pages 79-95.

Acheter ce livre aux Presses universitaires de Strasbourg.

Dieu au pluriel : Penser les religions

Rémi ChénoDieu au pluriel : Penser les religions, Paris, Éditions du Cerf, 2017, 160 pages.

Le mari de mon coiffeur est dingue du dalaï-lama tandis que lui-même ne jure que par Mgr Lefebvre. Ma femme s’initie à la Kabbale avec les copines de son cours de Yoga. Mon fils, polytechnicien, fréquente une mosquée salafiste dans le 9-3 après avoir essayé le Mont-Saint-Michel, le Mont Athos et le Mont des Oliviers. Nous tous, nous vivons « aux éclats ».
Le pluralisme est la face visible de la mondialisation. Le fait religieux n’y échappe pas. Certains dénoncent le supermarché des croyances et le bricolage religieux. Peut-être. Mais quel sens donner à cette confluence au regard de la foi dans le Dieu unique qui intervient dans l’histoire pour sauver tous les hommes ? À la cacophonie de Babel répond la symphonie de la Pentecôte. C’est joyeusement que Rémi Chéno nous enseigne à accueillir théologiquement la différence qui n’abolit pas la vérité, mais la transfigure.
Un livre dérangeant parfois, surprenant souvent, donnant à penser toujours. Une célébration de l’inconfort glorieux de s’inscrire dans les pas de Celui par qui tout est.

 Acheter ce livre sur le site des Éditions du Cerf.

Les modèles post-libéraux du pluralisme religieux

Rémi Chéno

Après une courte incursion dans la logique jaïna et son modèle du statut de l’énonciation dans un débat, Rémi Chéno poursuit ses recherches sur la possibilité d’une approche pluraliste des religions.

Dans son ouvrage célèbre, The Nature of Doctrine, 1984, George Lindbeck avait opposé le modèle culturo-linguistique, qu’on appelle désormais modèle post-libéral, au modèle cognitif propositionnel de la métaphysique classique et au modèle expérientiel expressif de la théologie libérale. À un premier examen, ces trois modèles renvoient respectivement à trois théories différentes de la vérité : la théorie pragmatique, la théorie réaliste de la correspondance et la théorie idéaliste de la cohérence. Mais ces associations ne fonctionnent que de façon approximative. Continuer la lecture Les modèles post-libéraux du pluralisme religieux

L’épistémologie du jaïnisme : Perspectives pour le dialogue interreligieux

Rémi Chéno

Chercheur à l’Idéo

icon-calendar 10 juin 2014

20140610_Seminaire_Remi_ChenoLe système logique du jaïnisme est connu pour sa capacité à accueillir des affirmations contradictoires comme autant de points de vue valides. Cette logique semble contredire les lois occidentales classiques de non-contradiction et du tiers-exclu, ouvre un espace pour des doctrines religieuses différentes, sans pour autant pratiquer une tolérance intellectuelle naïve.

La Parole qui prend corps

Rémi Chéno, « L’homélie, la Parole qui prend corps », dans : Emmanuel Durand, Luc-Thomas Somme (dir.), Prêcher dans le souffle de la Parole. Jalons pour une théologie dominicaine de la prédication, coll. « Cerf-Alpha », Éditions du Cerf, Paris, 2015, p. 143–158.

La doctrine jaïna de l’anekāntavāda

Rémi Chéno, « L’intérêt épistémologique de la doctrine jaïna de l’anekāntavāda en vue du dialogue interreligieux », Ephemerides Theologicæ Lovanienses, 90/4 (2014), p. 509–530.

Avec sa doctrine de l’anekāntavāda, souvent illustrée par la célèbre fable des aveugles et de l’éléphant, qui a inspiré aussi les grands maîtres soufis, le jaïnisme offre un cadre épistémologique intéressant pour le dialogue interreligieux. Sans s’affranchir des grands principes de la logique occidentale, il rend possible l’articulation de discours cohérents chacun pour leur part, mais mutuellement contradictoires. Tout en refusant aussi bien le scepticisme, le relativisme ou encore le dogmatisme, il dessine une logique de l’énonciation qui laisse place à l’adversaire et à sa logique propre.

Acheter cet article sur Peeters Online Journals.

L’Église naît de la prédication du Royaume

Rémi Chéno, « L’Église naît de la prédication du Royaume », Communio 36 (2011) 51-65 = « La Chiesa nasce dalla predicazione del Regno », Communio 227 (2011) 40-55.

Quand naît l’Église ? Selon la conception classique elle aurait reçu directement du Christ, dès sa vie terrestre, les déterminations et les structures nécessaires à son développement. D’autres conceptions la situent dans la Passion du corps du Christ sur la Croix d’où jaillissent le sang et l’eau ; d’autres, à l’Ascension par l’envoi en mission, ou encore à la Pentecôte par le don de l’Esprit. La théologie contemporaine la confronte à l’annonce de la venue du Royaume de Dieu, avant la Passion.

Vous pouvez lire une version très simplifiée de cet article en ligne.

L’Esprit-Saint et l’Église

Rémi ChénoL’Esprit-Saint et l’Église. Institutionnalité et pneumatologie. Vers un dépassement des antagonismes ecclésiologiques, Paris : éditions du Cerf, Cogitatio fidei no 275, 2010, 344 pages.

La grâce divine peut certes se donner au croyant individuel comme un don illuminateur, libérateur ou réconciliateur. Mais, en particulier à travers les actions sacramentelles de la liturgie, elle vient habiter réellement notre histoire et y inscrit comme des « traces instituantes du Royaume ». Comment pourrait-on parler des chemins de la grâce dans notre monde et dans notre histoire sinon comme les chemins chaotiques d’une humanité fragile et pécheresse ? « Traces », et donc des réalités fragiles et fugitives, certes, mais traces pourtant « instituantes », c’est-à-dire portant un fruit, produisant une œuvre. L’approche catholique classique présente le Christ comme le fondateur de l’Église et des institutions qui la structurent ; il est ainsi constitué en principe d’autorité et en source du droit ecclésial, de lui dérivent l’autorité hiérarchique des ministères et l’organisation juridique qui régit son corps. Selon l’approche pneumatologique, ou bien l’Esprit est dévalué comme simple agent envoyé par le Christ au service de l’animation de son Église à travers ses membres et son action gracieuse dans les cœurs, ou bien on met tellement en avant la liberté charismatique qu’elle se retrouve en conflit avec les institutions ecclésiales. Rémi Chéno retrace l’histoire de ces antagonismes, d’origine protestante, entre institution et communion, et les approches de type sociologique qui en ont été tentées. Faisant droit à l’histoire de la théorie institutionnaliste, en particulier chez le juriste Maurice Hauriou, fondateur de l’école institutionnaliste française, ainsi qu’aux recherches d’un fondement théologique du droit institutionnel, en particulier chez le luthérien Hans Dombois, qui dessinent le cadre de sa réflexion, il élabore une théologie de l’institution placée sous le signe eschatologique du Royaume où l’agir gracieux de l’Esprit apparaît comme un processus instituant qui donne au Christ son Corps total, l’Église. Dans cette thèse, résolument novatrice et courageuse, Rémi Chéno cherche à dépasser les fausses dialectiques qui ont envahi le discours ecclésiologique selon le paradigme de l’antagonisme fondation/institution par une théologie de l’institution articulée à une pneumatologie.

Acheter ce livre en ligne sur le site des Éditions du Cerf.

Prophétie biblique et prophétie coranique

Rémi Chéno, « Prophétie biblique et prophétie coranique », Nouvelle Revue théologique 132 (2010) 434–447.

L’islam se donne comme figure de totalisation et revendique une compréhension totale et extensive du monde. La prophétie y accomplit la loi originaire, le décret divin créateur dont la connaissance constitue un retour au sens premier, caché, toujours antérieur, toujours déjà donné. Le christianisme, en sens contraire, attend un accomplissement de tout l’humain dans le Christ, nouvel Adam qui récapitule la création. L’œuvre de l’Esprit renvoie à un « excès » ou à un « surplus » eschatologique toujours à venir et pas encore donné, sinon en figure dans le Christ.

Vous pouvez acheter cet article en ligne.