Personne ne sera sauvé si tous ne sont pas sauvés

Guillaume de Vaulx

Docteur en philosophie et membre de l’Idéo

icon-calendar 12 décembre 2017

Il est impossible de tenir à la fois les trois affirmations suivantes : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés », « Dieu indique aux hommes un chemin de salut » et « Quiconque ne suit pas ce chemin ne peut être sauvé ». Soit Dieu veut le salut de tous, auquel cas il ne peut pas imposer un seul chemin de salut ; soit il impose un chemin particulier, auquel cas il prend le risque que certains ne le suivent pas. Et dans tous les cas, quel que soit le chemin révélé, il ne l’est qu’à un groupe donné, à une époque donnée, condamnant ceux qui vivaient avant ou loin de cette révélation.

L’auteur des Rasāʾil Iḫwān al-ṣafā, que Guillaume de Vaulx pense avoir découvert en la personne d’Aḥmad al-Ṭayyib al-Saraḫrsī (m. 286/899) propose une solution originale dans un cadre musulman. Pour lui, le monde est construit sur des relations de complémentarité : nul ne peut rassembler en soi toutes les compétences, mais ensemble, nous avons toutes les compétences. Ce principe de complémentarité vaut non seulement dans la vie de tous les jours, mais aussi pour le salut éternel : seuls, nous ne pourrons arriver au salut, mais collectivement, chacun selon sa religion et ses croyances, nous sommes capables de tous y parvenir, car le salut est au-delà de ce que chacun de nous peut arriver à accomplir seul.

Raison contre raison

Guillaume de Vaulx

Doctorant à l’Université Paris-IV

icon-calendar 3 novembre 2015

20151103_Seminaire_Guillaume_de_VaulxSous le titre « Raison contre raison », Guillaume de Vaulx présente une polémique islamo-chrétienne médiévale. Le débat oppose l’évêque nestorien Isrāʾīl al-Kaskarī et un disciple d’al-Kindī, Aḥmad ibn al-Ṭayyib al-Saraḫsī, que l’intervenant soupçonne d’être l’auteur des traités des Iḫwān al-Ṣafāʾ. Les traces qu’on trouve, dans ces traités, de la polémique en question nous indiquent à quoi peut servir la dispute interreligieuse : non pas à trouver un accord, mais à permettre à chacun d’approfondir sa quête de vérité.

Apprendre à philosopher avec Hannah Arendt

arendtGuillaume de VaulxApprendre à philosopher avec Hannah Arendt, Ellipses, Paris, 240 pages.

Le problème d’Arendt est l’aliénation au monde. L’homme destiné à vivre sur Terre s’y sent pourtant étranger. Le totalitarisme, mais aussi le retrait solitaire dans la consommation ou la contemplation, l’espérance religieuse ou d’une fuite spatiale, sont autant de manifestations hétéroclites de cette aliénation. Comment réapprendre à aimer et à habiter le monde est l’enjeu qui oblige à repenser les activités humaines. Son geste novateur est un décentrement de soi pour remettre le monde au centre du système.

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M. Guillaume de Vaulx

6522090-9838352Guillaume de Vaulx est français et vit à Beyrouth. Il est chercheur à l’Ifpo, l’Institut français du Proche-Orient.

Après le Capes et l’agrégation de philosophie, il fait un séjour en Arabie saoudite avant de s’installer en Égypte. Il a soutenu en 2016 un doctorat sur les Épîtres des Frères en Pureté sous la direction du professeur Marwan Rashed (Paris-IV).

Ses travaux portent parallèlement sur la philosophie contemporaine et la philosophie arabe médiévale.

D’un côté, il a publié un ouvrage d’introduction à Hannah Arendt, tenu le blog « Propos d’Égypte » pour le site du magazine Philomag et écrit une trilogie d’articles à quatre mains en arabe avec Antoun Milad pour le site de l’hebdomadaire égyptien Waṭanī sur l’enfermement identitaire.

De l’autre côté, il a consacré un article à al-Fārābī, et un autre au concept de bêtise chez les penseurs arabes. Il rédige actuellement sa thèse établissant une paternité précise aux Rasāʾil Iḫwān al-Ṣafāʾ.

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