Les séminaires de l’Idéo

Mis en avant

Nous organisons actuellement quatre séminaires :

  1. Un séminaire public, consacré à la culture arabo-musulmane. Environ deux séances mensuelles, soit en arabe, soit en français, soit en anglais. Gratuit et ouvert à tous. Inscrivez-vous ici pour recevoir les invitations. Voir ici les comptes rendus des séances.
  2. Un séminaire mixte al-Azhar-Idéo en islamologie, réservé aux étudiants francophones de l’Université d’al-Azhar. Voir ici les comptes rendus des séances. Ce séminaire est organisé dans le cadre de notre coopération avec l’Université d’al-Azhar.
  3. Un séminaire d’introduction à la philosophie et à la théologie musulmanes. Une séance hebdomadaire, en anglais, réservé aux boursiers de l’institut.
  4. Un séminaire de recherche réservé aux membres de l’Idéo.

Appel à communication : Les interactions entre chiʿites duodécimains et chrétiens : histoire, théologie, littérature

Colloque international avec la participation de Rudi Matthee (University of Delaware, Newark) et Francis Richard (CNRS, Paris) du mercredi 11 au vendredi 13 avril 2018 à Paris

Synopsis

Les interactions et échanges entre des représentants chiʿites duodécimains et chrétiens, catholiques ainsi que protestants, ont rarement donné lieu à une étude détaillée1. Pourtant, les contacts réciproques ont été nombreux comme l’indiquent les récits de voyageurs, les rapports de missionnaires, les textes théologiques et polémiques, les lettres diplomatiques, etc. Ces sources présentes dans les archives et bibliothèques européennes, mais aussi en Iran et Irak, restent pour une très grande part à étudier.

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Frères prêcheurs et intellectuels musulmans

Dominique Avon, « Frères prêcheurs et intellectuels musulmans dans le contexte post-conciliaire : L’Institut dominicain d’études orientales (1965‒1995) », Les Dominicains en France (XIIIe‒XXe siècle), Édité par Nicole Bériou, André Vauchez & Michel Zink, Paris : Académie des Inscriptions et belles-lettres & Cerf, 503‒527.

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Foire du livre du Caire 2017

La 48e édition de la Foire internationale du livre du Caire vient de s’achever. C’est un moment clé pour la vie de la bibliothèque et ses achats de livres et de revues.

Cette année, la Foire nous a occupé durant 10 jours, entre le 26 janvier et le 8 février 2017. Notre équipe était composée de René-Vincent du Grandlaunay et d’Ahmad Chleilat (achats des monographies),de Magdi Azab et d’Emilio Platti (achats des périodiques), d’Amir Samir (facturation), de Imad Jamil et d’Ayman Hezekiel (transport).

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Les plus vieux manuscrits du Coran

Emilio Platti

Idéo, Professeur émérite de l’Université catholique de Louvain

 24 janvier 2017

Suite à la découverte de manuscrits extrêmement anciens du Coran, et à la datation au carbone 14 des folios de Birmingham entre 568 et 645 (soit entre 56 avant l’hégire et 25 après), les chercheurs dans leur majorité refusent aujourd’hui les datations tardives des manuscrits coraniques les plus anciens proposées par exemple par John Wansbrough dans son livre intitulé Quranic studies (Oxford University Press, 1977). Patricia Crone et Michael Cook avaient eux aussi suggéré qu’il n’existait aucune indication de l’existence de corans avant la fin du 1er/7e siècle (Hagarism, Cambridge University Press, 1977). Il semblerait aujourd’hui qu’une meilleure datation serait plus proche du milieu du 1er/7e siècle, voire même avant cette date.

La découverte à Ṣanʿāʾ en 1972 de très anciens manuscrits coraniques a suscité de nouvelles recherches, et les photographies ultraviolettes qui sont aujourd’hui possibles ont révélé que l’un de ces codex est en réalité un palimpseste, c’est-à-dire qu’il contient un texte plus ancien qui a été effacé et remplacé par un texte plus récent. Une première édition de ce texte effacé a été publiée par Behnam Sadeghi et Mohsen Goudarzi dans Der Islam 87 (2010) sous le titre « Ṣanʿāʾ 1 and the origin of the Qurʾān » et une analyse de ce manuscrit a été publiée entre 2008 et 2014 par Elizabeth Puin sous le titre « Ein früher Koranpalimpsest aus Ṣanʿāʾ ». Une nouvelle édition du texte doit sortir le 28 février 2017 par Asma Hilali chez Oxford University Press sous le titre The Sanaa palimpsest. Malheureusement, ces deux éditions ne contiennent le texte que des 36 folios du manuscrit de Dār al-Maḫṭūṭāt  (Ṣanʿāʾ) et pas les 40 autres folios du même codex qui ont été récemment trouvés à la Maktaba al-Šarqiyya (toujours à Ṣanʿāʾ).

Il est intéressant de noter que cette version plus ancienne qui a été effacée semble être, à ce jour, la seule parmi toutes les copies du Coran qui diffère de la version canonique de ʿUṯmān. Après l’unification du texte Coranique par ʿUṯmān, les versions divergentes ont en effet été supprimées et remplacées par le texte canonique. Le palimpseste de Ṣanʿāʾ est une preuve convaincante que différentes versions de l’époque des compagnons du Prophète ont réellement existé, ce qui était bien connu de la tradition musulmane médiévale, représentée entre autres par le Kitāb al-maṣāḥif d’Ibn Abī Dāwūd.

L’archéologie et l’eau au Maroc médiéval

Thomas Soubira

Archéologue, doctorant à l’Université de Toulouse

 19 décembre 2016

Fouillé par une équipe franco-marocaine, le site de Sidjilmasa, « port » du commerce transsaharien entre le VIIIe et le XVe siècles, se distingue par ses vestiges hydrauliques. Observables sur l’ensemble des zones de fouilles, ces structures pouvant être associées au captage, à l’adduction, au stockage de l’eau, ainsi qu’à l’évacuation des eaux usées, témoignent de la créativité humaine et de la grande diversité des techniques employées pour la gestion d’une ressource si précieuse en zone aride.

Situé dans la plaine du Tafilalet, le site est occupé depuis la préhistoire. La ville de Sijilmasa—ou plus probablement l’agglomérat de maisons fortifiées—est fondée vers la moitié du VIIIe siècle par la tribu berbère des Banū Midrār et est le point de convergences de nombreuses routes caravanières. Léon l’Africain (m. 957/1550) la décrira comme ruinée au début du XVIe siècle.

À la fin du XVIIIe siècle, cette même zone oasienne est aussi le berceau de la dynastie alaouite actuellement au pouvoir au Maroc. Le site de Sijilmasa ne fut préservé de la disparition que parce qu’il a été réutilisé comme cimetière par les alaouites.

Réflexion sur l’argument du cannibalisme dans la théologie musulmane

Eric van Lit

Docteur en études islamiques

 13 décembre 2016

seminar-ericUne petite question n’a cessé de refaire surface de siècle en siècle dans les écrits de différents théologiens musulmans (entre 80 et 90 auteurs ont été identifiés à ce jour) : que se passerait-il si une personne en mangeait une autre ? Les deux pourraient-elles ressusciter physiquement ?

La première occurrence de cette question théologique date de longtemps avant l’Islam, on la trouve dans le De Resurrectione d’Athénagore au 2e siècle, et Augustin (au cinquième siècle) n’hésite pas à écrire que c’est l’argument le plus fort contre la résurrection corporelle. Elle est aussi discutée aussi par Thomas d’Aquin et beaucoup de théologiens chrétiens médiévaux. Continuer la lecture Réflexion sur l’argument du cannibalisme dans la théologie musulmane