Personne ne sera sauvé si tous ne sont pas sauvés

Guillaume de Vaulx

Docteur en philosophie et membre de l’Idéo

icon-calendar 12 décembre 2017

Il est impossible de tenir à la fois les trois affirmations suivantes : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés », « Dieu indique aux hommes un chemin de salut » et « Quiconque ne suit pas ce chemin ne peut être sauvé ». Soit Dieu veut le salut de tous, auquel cas il ne peut pas imposer un seul chemin de salut ; soit il impose un chemin particulier, auquel cas il prend le risque que certains ne le suivent pas. Et dans tous les cas, quel que soit le chemin révélé, il ne l’est qu’à un groupe donné, à une époque donnée, condamnant ceux qui vivaient avant ou loin de cette révélation.

L’auteur des Rasāʾil Iḫwān al-ṣafā, que Guillaume de Vaulx pense avoir découvert en la personne d’Aḥmad al-Ṭayyib al-Saraḫrsī (m. 286/899) propose une solution originale dans un cadre musulman. Pour lui, le monde est construit sur des relations de complémentarité : nul ne peut rassembler en soi toutes les compétences, mais ensemble, nous avons toutes les compétences. Ce principe de complémentarité vaut non seulement dans la vie de tous les jours, mais aussi pour le salut éternel : seuls, nous ne pourrons arriver au salut, mais collectivement, chacun selon sa religion et ses croyances, nous sommes capables de tous y parvenir, car le salut est au-delà de ce que chacun de nous peut arriver à accomplir seul.

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