Le Christ musulman

Emmanuel Pisani, « Le Christ musulman du Radd al-gamīl attribué à al–Ghazālī. Enjeux pour une pastorale du dialogue islamo–chrétien », Nouvelle Revue théologique, juillet-septembre 2014 (136/3), p. 453–468.

Passion Kaboul

KaboulJean Jacques Pérennès, Passion Kaboul. Le père Serge de Beaurecueil, Éditions du Cerf, Paris, 2014, 355 p.

De l’Afghanistan, on connaît la guerre et les talibans, voici le récit d’une aventure spirituelle et humaine d’exception au cœur de l’Afghanistan plus secret de la beauté, de la mystique et de la douceur. Le père Serge de Beaurecueil, cofondateur de l’Institut dominicain d’études orientales au Caire, y a vécu vingt ans. De ce parcours surgit l’histoire de tout un peuple, des heures paisibles des années 1960‒1970 aux heures dramatiques des années 1980. Au carrefour de l’Orient, immergé en monde musulman, Beaurecueuil a consacré sa vie à ceux qui étaient rejetés par le mauvais sort : les enfants abandonnés, handicapés, orphelins. Tous ont été recueillis, soignés et éduqués par lui, comme s’ils avaient été ses propres enfants. C’est une découverte de l’Afghanistan par la souffrance des autres, mais aussi par la spiritualité, notamment grâce aux grands textes d’Ansari, ce splendide mystique persan du XIe siècle – dont Serge de Beaurecueil était un spécialiste – qui l’ont accompagné jusqu’à sa mort. Malgré les drames traversés, ces vingt ans de vie en Afghanistan et de fréquentation de la mystique musulmane ont permis à Serge de Beaurecueil de découvrir le secret de la joie. C’est ce que nous fait entrevoir cette première biographie d’un homme au parcours humain et spirituel peu ordinaire.

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Discussions interconfessionnelles à Bagdad

Emilio Platti, « Discussions interconfessionnelles à Bagdad au Xe siècle » dans : FIDEM (Fédération Internationale des Instituts d’Études Médiévales), Acts of the 4th European Congress of Medieval Studies, In memoriam of Leonard E. Boyle o.p. (1923-1999),sur le thème Coexistence and Cooperation in the Middle Ages.

Une apocalypse coranique

ApocalypseMichel Cuypers, Une apocalypse coranique. Lecture des trente-trois dernières sourates du Coran, Gabalda, Paris, 2014, 360 p.

Après avoir exploré la structure de la longue sourate 5 dans son livre Le Festin (2007), l’auteur applique ici l’analyse rhétorique aux trente-trois petites sourates (81 à 114) de la fin du Coran. La lecture du texte à l’aide des principes de la rhétorique sémitique permet de saisir la cohérence interne de chacune de ces sourates, mais également les liens sémantiques qui les relient entre elles. Ces sourates, habituellement traitées comme de petites unités textuelles indépendantes, forment en réalité un ensemble sémantiquement cohérent, composé de plusieurs sous-ensembles hiérarchisés. Il en résulte des interprétations nouvelles pour des sourates dont plus d’une posent question en raison de leur extrême concision. Deux grandes thématiques dominent ces sourates : l’eschatologie (Jour du Jugement et résurrection) et la vie du Prophète, évoquée par petites touches discontinues, depuis l’éveil de sa mission prophétique (sourate 81) jusqu’au triomphe de sa prédication (sourate 110). Comme dans Le Festin, l’analyse rhétorique est enrichie par l’intertextualité, confrontant le texte coranique avec la littérature sacrée circulant dans l’Antiquité tardive : la Bible, en premier lieu, mais aussi plusieurs écrits intertestamentaires, le Livre d’Hénoch, le Testament de Moïse et autres. L’image qui ressort de ces sourates, datant de l’époque mecquoise, est celle d’un Messager chargé d’annoncer le Jour du jugement et, dans cette perspective, d’appeler les riches à plus de justice envers les démunis et à un culte plus sincère, des thématiques qui rejoignent celles des prophètes bibliques.

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En finir avec la tolérance ?

ToléranceAdrien Candiard, En finir avec la tolérance ? Différences religieuses et rêve andalou, P.U.F., Paris, 2014, 108 p.

La place importante de l’islam dans l’Europe d’aujourd’hui vient bouleverser le modèle de tolérance hérité des Lumières, fondé sur la mise à l’écart des vérités religieuses jugées nécessairement irrationnelles. De cette tolérance, al-Andalus apparaît souvent comme le modèle : sous la conduite de penseurs rationalistes, comme Averroès, l’Espagne musulmane médiévale serait parvenue à l’harmonie entre les religions, au prix d’une séparation nette entre les croyants.
Au-delà des imprécisions historiques propres aux mythes, cette légende se trompe sur l’essentiel. Car l’Espagne médiévale est d’abord un lieu où l’on discute avec passion de la vérité des doctrines religieuses ; si l’on y dialogue, si l’on y traduit, si l’on y polémique, c’est que chacun pense avoir raison et pouvoir en convaincre l’autre.
La véritable leçon de l’Andalousie, pour nous, est peut-être là : le véritable respect ne cherche pas à gommer les différences pour parvenir au consensus. Il serait alors urgent de faire revenir les questions religieuses dans le cercle de la raison, dont on les a exclues un peu hâtivement.

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Le Coran avant le Coran

Claude Gilliot, « Le Coran avant le Coran : Quelques réflexions sur le syncrétisme religieux en Arabie centrale », dans : Mehdi Azaiez, Sabrina Mervin (éd.), Le Coran : nouvelles approches, CNRS Éditions, Paris, 2013, p. 145-187.

Le verset de l’abrogation

Michel Cuypers, « Le verset de l’abrogation (2, 106) dans son contexte rhétorique », dans : Mehdi Azaiez, Sabrina Mervin (éd.), Le Coran : nouvelles approches, CNRS Éditions, Paris, 2013, p. 307-328.

Le traité de ʿAbdī Effendī al-Busnawī

BusnawiJosef Dreher, Matāliʿ al-nūr al-sunnī al-munbī’ ʿan tahārat nasab al-nabī al-ʿarabī. Le traité de ʿAbdī Effendī al-Busnawī, collection Textes arabes et études islamiques, 51, Le Caire, Presses de l’IFAO, Le Caire, 2013, 166 + XVIII p.

Le sort des parents du prophète Muḥammad dans l’éternité occupa de nombreuses générations de savants musulmans et de simples croyants. Āmina et ʿAbd Allāh étaient morts avant le commencement du message de leur fils, c’est-à-dire qu’ils moururent pendant la Gāhiliyya, le temps de l’ignorance, en païens. L’intérêt des premiers convertis à l’islam pour leur destin dans l’au-delà relevait certainement moins d’une curiosité intellectuelle que du souci de savoir quel serait le sort de leurs propres parents, eux-mêmes morts avant de connaître la seule doctrine garantissant l’accès au Paradis. Un ḥadiṯ sans pitié condamne à l’enfer tous ceux qui meurent sans être musulmans, y compris les parents du Prophète. Il relève de la collection de traditions de Muslim, reconnue comme une autorité orthodoxe et incontestable. « Ton père et mon père sont en enfer » aurait dit le Prophète à un bédouin. Avec le temps cette position trop rigoureuse a été ressentie comme insupportable par 1’umma. Des traditions moins sévères ou évitant une réponse univoque apparurent, et des savants disposant d’une érudition étendue comme al-Suyūti ont cherché partout des traditions faisant valoir des circonstances atténuantes à ces païens malgré eux. Reste la question de savoir comment le plus pur des êtres créés, le prophète Muḥammad, pouvait provenir de la « saleté des polythéistes » (S. 9, 28). Ce problème suscita de grandes discussions à Istanbul pendant la première moitié du XVIIe siècle. Le célèbre bibliographe contemporain des événements, Ḥāggi Haiffa (Kâtip Çelehi, 1609‒1657), rend compte de ce débat dans son autobiographie La balance de la vérité. Un autre contemporain, ʿAbdī Effendī (1584‒1644), cheikh de la Bayramiyye et écrivain de l’école spirituelle d’Ibn al-ʿArabi, a introduit un nouvel élément dans la discussion, le Nūr Muḥammad, une substance lumineuse, l’essence prophétique que Dieu a déposée dans le corps d’Adam, le premier prophète, et qui se transmit de génération en génération pour arriver finalement chez ʿAbd Allāh, le père du dernier prophète. Ainsi, il y avait toujours quelqu’un au monde qui gardait le tawḥīd contre toute tentation de polythéisme.

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Des Arabes chrétiens

Emilio Platti, « Des Arabes chrétiens dans l’œuvre de Shlomo Pines (1908-1990) », dans :Sources and Approaches across Disciplines in Near Eastern Studies (ed. V. Klemm & N. Al-Sha’ar), collection Orientalia Lovaniensia Analecta, 215, Peeters, Leuven-Paris, 2013, p. 101-113.