Passion Kaboul

KaboulJean Jacques Pérennès, Passion Kaboul. Le père Serge de Beaurecueil, Éditions du Cerf, Paris, 2014, 355 p.

De l’Afghanistan, on connaît la guerre et les talibans, voici le récit d’une aventure spirituelle et humaine d’exception au cœur de l’Afghanistan plus secret de la beauté, de la mystique et de la douceur. Le père Serge de Beaurecueil, cofondateur de l’Institut dominicain d’études orientales au Caire, y a vécu vingt ans. De ce parcours surgit l’histoire de tout un peuple, des heures paisibles des années 1960‒1970 aux heures dramatiques des années 1980. Au carrefour de l’Orient, immergé en monde musulman, Beaurecueuil a consacré sa vie à ceux qui étaient rejetés par le mauvais sort : les enfants abandonnés, handicapés, orphelins. Tous ont été recueillis, soignés et éduqués par lui, comme s’ils avaient été ses propres enfants. C’est une découverte de l’Afghanistan par la souffrance des autres, mais aussi par la spiritualité, notamment grâce aux grands textes d’Ansari, ce splendide mystique persan du XIe siècle – dont Serge de Beaurecueil était un spécialiste – qui l’ont accompagné jusqu’à sa mort. Malgré les drames traversés, ces vingt ans de vie en Afghanistan et de fréquentation de la mystique musulmane ont permis à Serge de Beaurecueil de découvrir le secret de la joie. C’est ce que nous fait entrevoir cette première biographie d’un homme au parcours humain et spirituel peu ordinaire.

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Le père Antonin Jaussen

jaussenJean Jacques Pérennès, Le père Antonin Jaussen, o.p. (1871‒1962): une passion pour l’Orient musulman, Éditions du Cerf, Paris, 2014, 144 pages.

Comment ne pas être ébahi et admiratif devant la vie d’Antonin Jaussen ? Non seulement il a traversé le siècle qui va de la guerre de 1870 en France à la montée du nassérisme et du panarabisme au Proche-Orient, mais il en a vécu lui-même les épisodes les plus marquants. Né dans la montagne ardéchoise, issu d’un milieu modeste, il est un des premiers compagnons du père Lagrange au moment de la fondation de l’École biblique de Jérusalem et de la crise moderniste qui secoue l’Église catholique. Durant la Première Guerre mondiale, sa connaissance profonde de l’Orient lui vaut d’être appelé à servir comme officier de renseignements dans les troupes françaises du Levant à Port-Saïd, mais aussi auprès des Britanniques : cela le place au cœur des débats sur l’avenir de la région au moment où les puissances occidentales se partagent les dépouilles de l’Empire ottoman et lui vaut de fréquenter des personnages de légende comme Lawrence d’Arabie et l’émir Faysal. Les années 1920 le trouvent à nouveau en Palestine où il est témoin de la frustration des Arabes devant l’instauration du foyer juif imposé par les Britanniques après la déclaration Balfour de 1917. Au début des années 1930, à l’heure où beaucoup songent à la retraite, Jaussen part pour Le Caire où il use ses forces à bâtir une maison dominicaine qui deviendra en 1953 l’Institut dominicain d’études orientales (IDEO). « L’Ordre de Saint-Dominique reprendra-t-il sa tradition musulmane ? » Telle fut la dernière hantise de celui pour qui l’Orient musulman a été la passion de toute une vie.

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Georges Anawati

jj-anawatiJean Jacques Pérennès, Georges Anawati, un chrétien égyptien devant le mystère de l’islam, Paris, Éditions du Cerf,
2008, 367 pages.

Chrétien oriental, originaire d’Alexandrie, Georges Anawati avait toutes les raisons de partager les préventions de son milieu face à l’islam. La rencontre de Louis Massignon et de Taha Hussein, son entrée chez les dominicains et un don exceptionnel pour l’amitié vont en décider autrement : toute sa vie, il va aller à la rencontre de ce monde musulman si redouté autour de lui. Égyptien, il noue de solides amitiés avec les oulémas de l’Université d’al-Azhar et publie en 1948, en collaboration avec Louis Gardet, une Introduction à la théologie musulmane qui fera date. En 1953, avec d’autres dominicains, il fonde au Caire l’Idéo (Institut dominicain d’études orientales) dont la vocation est de mieux connaître le monde de l’islam par sa culture, « en dehors de tout prosélytisme ». Travailleur infatigable, il laisse un œuvre impressionnante dans le domaine de la philosophie arabe médiévale et de l’histoire des sciences arabes, qui lui valut un grand respect de l’élite intellectuelle musulmane. Au concile Vatican II, il est un des inspirateurs du nouveau regard de l’Église catholique sur l’islam, dont il restera un observateur lucide. Artisan inlassable du dialogue islamo-chrétien, Georges Anawati a surtout montré la place irremplaçable de l’amitié si l’on veut aller à la rencontre de l’autre. Un message pour notre temps.

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Pierre Claverie

jj-claverieJean Jacques Pérennès, Pierre Claverie, un Algérien par alliance, Éditions du Cerf, Paris, 2000, 391 pages.

Le 1er août 1996, Pierre Claverie, évêque d’Oran, était assassiné, en compagnie d’un jeune Algérien musulman. Leur mort, sangs mêlés, est un grand symbole. Né en 1938, à Bab el-Oued, dans ce qu’il appelait volontiers la « bulle coloniale », Pierre Claverie a passé sa vie à aller à la rencontre de l’autre, s’efforçant de dépasser les barrières que la race, la religion et les drames du passé dressent entre les hommes. Face à la montée du fondamentalisme et de la violence qui endeuille l’Algérie depuis maintenant dix ans, cet homme chaleureux, doué pour la rencontre, a choisi de rester et de dénoncer le rejet de l’autre, au risque de sa vie. « Nous sommes ‘donnés’ à ce pays et à ce peuple avec lequel nous lie une alliance d’amitié que rien, même la mort, ne pourra briser. » En cela, il voulait être un disciple du Christ, pour qui le choix du « plus grand amour » est de « donner sa vie pour ses amis ». Son combat pour « une humanité plurielle, non exclusive » rend son parcours exemplaire pour notre temps. Sa clairvoyance politique aide à mieux comprendre les enjeux du drame que traverse l’Algérie.

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Jean Jacques Pérennès, o.p.

110423_Perennes_033Jean Jacques Pérennès est dominicain. Économiste de formation, il a vécu dix ans en Algérie et quinze ans en Égypte où il a été secrétaire général, puis directeur de l’Idéo.

En 2015, il a été nommé directeur de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem.

Ses principaux centres d’intérêt tournent autour du dialogue interreligieux, de l’évolution politique du monde arabe et de la situation des chrétiens d’Orient.