L’archéologie et l’eau au Maroc médiéval

Thomas Soubira

Archéologue, doctorant à l’Université de Toulouse

icon-calendar  19 décembre 2016

Fouillé par une équipe franco-marocaine, le site de Sidjilmasa, « port » du commerce transsaharien entre le VIIIe et le XVe siècles, se distingue par ses vestiges hydrauliques. Observables sur l’ensemble des zones de fouilles, ces structures pouvant être associées au captage, à l’adduction, au stockage de l’eau, ainsi qu’à l’évacuation des eaux usées, témoignent de la créativité humaine et de la grande diversité des techniques employées pour la gestion d’une ressource si précieuse en zone aride.

Situé dans la plaine du Tafilalet, le site est occupé depuis la préhistoire. La ville de Sijilmasa—ou plus probablement l’agglomérat de maisons fortifiées—est fondée vers la moitié du VIIIe siècle par la tribu berbère des Banū Midrār et est le point de convergences de nombreuses routes caravanières. Léon l’Africain (m. 957/1550) la décrira comme ruinée au début du XVIe siècle.

À la fin du XVIIIe siècle, cette même zone oasienne est aussi le berceau de la dynastie alaouite actuellement au pouvoir au Maroc. Le site de Sijilmasa ne fut préservé de la disparition que parce qu’il a été réutilisé comme cimetière par les alaouites.

Réflexion sur l’argument du cannibalisme dans la théologie musulmane

Eric van Lit

Docteur en études islamiques

 13 décembre 2016 

seminar-ericUne petite question n’a cessé de refaire surface de siècle en siècle dans les écrits de différents théologiens musulmans (entre 80 et 90 auteurs ont été identifiés à ce jour) : que se passerait-il si une personne en mangeait une autre ? Les deux pourraient-elles ressusciter physiquement ?

La première occurrence de cette question théologique date de longtemps avant l’Islam, on la trouve dans le De Resurrectione d’Athénagore au 2e siècle, et Augustin (au cinquième siècle) n’hésite pas à écrire que c’est l’argument le plus fort contre la résurrection corporelle. Elle est aussi discutée aussi par Thomas d’Aquin et beaucoup de théologiens chrétiens médiévaux. Continuer la lecture Réflexion sur l’argument du cannibalisme dans la théologie musulmane

Coopération avec l’Université d’al-Azhar

Le 27 novembre 2016, nous avons eu la joie de signer enfin un accord-cadre de coopération avec l’Université d’al-Azhar, les deux départements francophones des facultés de Langues et traduction (garçons) et de Sciences humaines (filles). Des négociations étaient en cours depuis le mois de mars 2015. L’amitié et la persévérance des étudiants et des enseignants a eu raison des réticences administratives et idéologiques. Nous allons maintenant pouvoir organiser des activités en commun.

Le 11 et le 14 janvier 2017 ont eu lieu les deux premières réunions du comité de pilotage de l’accord de coopération entre l’université d’al-Azhar et l’Idéo. Nous nous sommes mis d’accord pour organiser un séminaire mensuel sur l’extrémisme : historique, définition et diagnostic. Nous voudrions, dans un second temps, planifier des activités communes pour essayer de relever ce défi de l’extrémisme.

Histoire du Moyen-Orient

histoire-mo-armand-colin-efda6Anne-Laure Dupont, Catherine Mayeur-Jaouen et Chantal Verdeil, Histoire du Moyen-Orient du XIXᵉ siècle à nos jours, Armand Colin, Paris, 2016, 480 pages.

Forgée au début du XXᵉ siècle et initialement liée aux intérêts britanniques dans le golfe Persique et au voisinage de l’Inde, l’expression « Moyen-Orient » a des définitions fluctuantes. Ce livre traite d’un espace allant de l’Égypte à l’Iran et de la mer Noire à l’océan Indien, et inclut occasionnellement le Maghreb. Il souligne l’unité de la région, qui tient à l’héritage des Empires ottoman et qâjâr et à l’ancienneté de la présence de l’islam. Son ambition est double : sortir des études sectorielles par aire linguistique ou État pour étudier le Moyen-Orient comme un ensemble ; dans un cadre chronologique dicté par la politique et les relations internationales, faire vivre les populations sur les plans culturel, religieux, social et économique.

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